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#HistoiresExpatriées 20 | Mon pays et la nature

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd’hui pour un nouveau rendez-vous #HistoiresExpatriées, créé par mon amie Lucie du blog: L’occhio di Lucie! Ce mois-ci c’est le thème de la nature qui a été proposé par Aurore du blog « On my tree« .

Vaste thème que la nature… Je vais aborder ce mois-ci avec le parcours qui a été le mien au cours de mes expatriations, durant lequel j’ai développé ma conscience « écologique » et fait un peu plus attention à la nature! On va donc repartir au Cambodge, revenir en France, partir à Madagascar et enfin s’établir sur Londres! C’est parti!

Quand il pleuvait dans la pagode où était mon école – Temple du Bayon, Cambodge.

Le réveil Cambodgien: nature VS plastique

Quand je suis partie au Cambodge, je ne peux pas vraiment dire que j’avais une « conscience écologique« . J’étais évidemment pour la préservation de l’environnement, je mangeais déjà moins de viande, mais c’était à peu près tout. Et puis je suis arrivée dans ce magnifique pays, à la nature luxuriante mais ENVAHI de plastique.

Photo d’une rue sur la montagne Phnom Kulen, au Cambodge.

Le traitement des déchets en France est tellement avancé que je n’avais pas conscience DU TOUT de ce qu’on pouvait faire avec le plastique dans le monde! Je ne savais pas que l’on vendait des fruits à peau épaisse dans des emballages individuels. Je ne savais pas qu’on pouvait vous proposer une canette de soda dans un mini sac plastique. Encore moins que l’on pouvait vous servir votre café directement dans un sachet!

DESSIN

Dans mon école, je voyais les professeurs brûler le plastique tous les jours dans une fosse devant les classes. Je voyais aussi mes voisins le faire. A cette époque, j’étais fumeuse, je mangeais assez mal, et si j’utilisais mon vélo c’était surtout pour des raisons économiques.

J’ai ensuite emménagé avec Sarah, une australienne installée à Siem Reap, et si j’ai du pas mal râler à l’époque, je dois avouer qu’elle a beaucoup joué dans mon réveil « écolo ». En un an, j’ai pris conscience que mes actions en Europe avaient un impact sur d’autres parties du monde, que le plastique était une plaie, et que si on recyclait en Europe (et pas forcément bien), il y a de nombreux pays où la priorité reste de manger. Dans ce cas là, trier ses déchets n’est pas du tout une priorité et c’est compréhensible.

Sarah a créé le premier « Plastic Free July Cambodia« . Le concept? On évite tous les pastiques pendant un mois, et ceux qu’on ne peut éviter (par exemple si un serveur vous apporte une paille – au Cambodge, TOUTES les boissons viennent avec une paille… Sauf la bière. J’étais déjà écolo en fait…) on les garde précieusement. A la fin du mois on déballe le tout: et on regarde tout le plastique accumulé. C’est assez hallucinant car une fois cumulé on prend vraiment conscience des choses.

Sarah en pleine présentation

Suite à cela, j’ai adopté le principe des gourdes (bon j’ai encore parfois des bouteilles en situation urgence, mais je les réutilise), de consommer « local », d’éviter au maximum les emballages, d’utiliser des sacs en tissus… Et Sarah a créé son association, PFC – Plastic Free Cambodia (depuis devenu « Plastic Free South East Asia – SEA). Elle est venue faire des interventions dans mon école, on a organisé des sessions d’informations, des ateliers de recyclage (faire des cerfs volants, des cordes à sauter en sac plastiques colorés…). Depuis, les choses se sont beaucoup développées là bas. Et moi je suis partie…

Le retour en France: nature VS voiture

Suite à mon expérience Cambodgienne, je suis revenue en France. Et j’ai retrouvé la facilité que l’on peut avoir à trouver des produits « écolos ». Moins de plastique (mais encore beaucoup trop), des marchés réguliers… Mais moins de « nature », plus de routes et de parkings. Et plus de voitures.

Je n’aime pas conduire, et je prends le plus possible mon vélo, les transports en commun, ou simplement mes jambes. Quand je vais voir mes amis sur Paris, ce n’est pas anormal de marcher 20 minutes pour se rendre quelque part. Dans le sud, on prend sa voiture pour faire 1 km. Malheureusement j’ai l’impression que le français a un rapport pas très sain avec sa caisse…

Rare photo de moi au volant. A Madagascar.

J’ai donc perdu la beauté de la forêt cambodgienne et ses affreux plastiques, mais j’ai gagné les routes et la pollution… En France j’ai continué mes efforts, sans jamais trouver de solutions qui me convienne parfaitement. J’ai du mal avec le bio en direction des US (coucou l’empreinte carbone des conteneurs « la vie claire »…). J’ai du mal à éviter tous les plastiques et force est de constater, j’ai encore beaucoup à faire.

Madagascar: le retour du plastique

Arrivée à Madagascar j’ai vite retrouvé mon plastique cambodgien: dans les rues, dans les bacs pour contenir les poubelles qui débordent… Beaucoup de personnes font les poubelles pour se nourrir, et le contenu est étalé sur le sol. Les chiens et chats viennent ensuite manger dans le tas. On retrouve du plastique sur la plage, dans la vie courante, dans les rues… Et on y ajoute la pollution de véhicules très très vieux (tellement vieux qu’on peut parfois voir la route défiler sous nos pieds).

Là encore, aucun ramassage de poubelles, aucun recyclage. Quelques initiatives locales pour éviter les pailles en plastique dans les bars et restaurants. Mais globalement, le plastique vit encore de beaux jours. Par contre, les contenants en verre son réutilisés (pour acheter le riz, les fèves, l’huile…).

Encore une fois, la nature environnante est magnifique, et elle est assez bien préservée par les associations locales. Mais en ville, c’est une autre histoire. Sur Taolagnaro, des associations ont installé des toilettes publiques, pour éviter la propagation de maladies et sauvegarder les plages et ruelles. Mais les habitudes ont la vie dure, et à la nuit tombée, il n’est pas rare de croiser des gens accroupis sur les trottoirs…

Panorama Malagasy – Domaine de la Cascade

Aujourd’hui, à Londres: nature VS flemme

Rentrée de Madagascar, je suis partie sur Londres (enfin, à mi temps) pour suivre mon amoureux. Le voyage m’a appris qu’il fallait préserver notre planète: on en a qu’une, et elle est commune à tous. Mes actions en Europe auront un impact sur la forêt cambodgienne.

Regent's Canal London
Regent’s Canal Londres

Mais j’ai été réellement surprise de voir que sur une ville comme Londres, c’est compliqué ! Il faut trouver les poubelles violettes pour recycler… Mais je n’en trouve pas. Le site de la ville m’indique des jours de collectes mais ce ne sont apparemment pas les bons. On ne peut plus prétendre aux collectes de déchets type « composts à la maison ». Je vais encore chercher, apparemment on peut apporter certains type de recyclage dans des magasins, mais je dois encore trouver comment cela fonctionne (quantité, jours…).

En face de chez moi il y a un parc, et chaque semaine je vois les gens jeter les emballages polystyrènes de leurs repas dans les pelouses. Je vais courir au bord d’un canal ou s’accumulent les déchets. Londres est une ville assez verte, et bien moins polluée que Paris. Mais force est de constater qu’on a encore des efforts à faire.

kew gardens london
Un des serres du Kew Gardens – Londres

Et le pire…

Et le pire dans tout ça, c’est de me rendre compte que mon plus gros impact écologique, il ne vient pas de ma consommation hyper occasionnelle de viande, ou des plastiques issus de mes courses hebdomadaires. Non, mon plus gros impact sur la planète il naît d’une des chose que j’aime le plus: voyager. Force est de constater qu’avec un aller-retour France-Mada l’année passée, et de nombreux allers-retours Montpellier-Londres cette année, je consomme. Je consomme BEAUCOUP. J’essaie d’avoir des bagages légers, de limiter les trajets… mais j’aurais du mal (pour le moment) à me passer de l’avion. Le train est malheureusement excessivement CHER. Ou alors l’avion est excessivement peu CHER… Sinon ça me dérangerait pas de passer 10 heures dans le train.

Transport camion Cambodge
L’avenir ? Les transports en commun – Cambodge 2015.

J’ai découvert des une nature magnifique dans tous les endroits où je suis allée. Les espèces endémiques de Madagascar, les fromagers qui ont fait leur chemin dans les temples Khmers, le massif de la gardiole dans ma ville natale, ou encore les vastes prairies anglaises… Et j’ai envie d’essayer de voyager de façon plus écologique (donc arrêter de prendre l’avion). Pour le moment… c’est pas gagné…

En vous, de quelle façon souhaitez vous préserver la nature ?

#HISTOIRESEXPATRIÉES 16 | Un mot, une expression: MORA MORA

Cet article est une participation au RDV #HistoiresExpatriées, créé par mon amie Lucie du blog: L’occhio di Lucie!

Ce mois ci, un thème original qui a été proposé par Patrick du blog « FromSlo« : « Un mot, une expression de votre pays d’adoption ». J’ai hésité un moment entre un article sur l’utilisation de « Bong » et « Bongsrey » au Cambodge (littéralement « frère » et « sœur »), mais je suis partie sur une expression très utilisée à Mada (même si je suis rentrée il y a peu):
RDV sur le blog de Patrick pour découvrir les participations des autres blogueurs sur ce thème !

MORA MORA ! 

Mora Mora (prononcez « mouramourrr »), est une expression Malagasy que l’on pourrait traduire par « mmmmmh Relax » ou « Prends ton teeeeemps ». Car oui, si vous partez sur la grande île, il va falloir apprendre la patience ! Ce n’est pas le premier pays où je rencontre une expression ayant littéralement trait au fait qu’il faille relativiser et que les choses finiront bien par arriver (phrase souvent complétée du « Si Dieu le veut »), et c’était d’ailleurs dans un autre pays très catholique: les Philippines et le « Bahala Na » (« ce qui doit arriver, arrivera » – même si c’est ici bien plus fataliste qu’à Mada).

Mora Mora sur la plage – Chez Marceline (j’avoue, je veux bien prendre le temps 😉 )

C’est quand le Mora Mora ? 

Le Mora Mora sera utile dans tous vos aspects de la vie Malagasy: à l’arrivée à la douane à l’aéroport, pour circuler dans l’aéroport, pour franchir à nouveau la douane sur les départ internationaux, pour vos papiers (qui a attendu trois mois sa carte de résident ? – Et donc sans passeport sur place ? ^^ ), pour vos démarches, pour vos déplacement en ville (en tout cas sur Tana, les bouchons du matin et du soir sont impressionnants), pour vos déplacements sur le territoire (si votre avion décolle à 7h30, vous passerez le dernier contrôle à 7h25 tranquille – Attention ! Cette information n’est pas contractuelle !), je ne vous parle même pas des bus et autres taxi brousse (que je n’ai jamais pris, mais même pour faire quelques kilomètres, par exemple entre 30 et 40 environ pour rejoindre Lokaro – prononcer « loukar », il vous faudra au minimum 2h de voiture; ou encore près d’une heure pour rejoindre le domaine de la cascade, à … 9km de la ville) !

Dans tous les aspects de votre vie, il vous faudra être patient et laisser les choses se faire ! J’ai trouvé une super bottine en fripe vers le mois de juillet, la deuxième chaussure n’aura jamais été retrouvée:

Il vous faudra beaucoup de patience pour trouver chaussure à votre pied!

Et dans la vie pro ? 

Si il est facile de s’adapter au Mora Mora dans « la vie quotidienne », la vie qui n’est pas « pressée », ou pendant ses vacances (enfin sauf quand il s’agit d’avions annulés ou retardés), un domaine qui m’a un peu plus perturbée est le domaine professionnel ! Oui même là, la culture du Mora Mora est bien présente !
C’est peut être ce que j’ai le plus appris avec l’expatriation, et cela dans tous les pays où je suis allée: prendre du recul, relativiser et laisser faire le temps. Pourtant dans le domaine pro je suis plus « faut que ça bouge » ! Du coup, ce n’est pas toujours facile de s’adapter…Il faut se faire à l’idée que les choses se font au dernier moment, que les événements où nous sommes convoqués à 8h ne commenceront pas avant 10h, que les réunions ou rendez-vous seront souvent en retard… Et évidemment il faut aussi s’adapter à cela quand on organise soi même quelque chose (et donc, toujours prévoir que le public sera en retard).
C’est toujours une adaptation difficile, même si à Taolagnaro, on peut apprécier la beauté du paysage en attendant son rendez vous pro en bord de plage !

Ne pas se presser sur la route, priorité pour les oies aujourd’hui ! 

L’art de la patience

Finalement, le Mora Mora, quand on sait l’apprécier, nous apprend beaucoup, dans un pays où très peu de personnes ont accès à l’eau, et doivent donc patienter (beaucoup !) aux fontaines pour remplir leurs bidons, où tout aussi peu de personnes ont accès à l’électricité, et doivent parfois remettre certaines tâches au lendemain une fois la nuit tombée (tous les soirs à 18h), et même avec de l’électricité, parfois apprendre à attendre qu’elle revienne vu les nombreuses coupures…

Etant de nature assez patiente, je pense qu’aujourd’hui c’est un luxe de pouvoir apprécier le temps qui passe ! Et bien sur, toujours avec le sourire 😉

Et vous, vous êtes patients ? Avez vous déjà rencontré des situations similaires lors de vos voyages ? N’hésitez pas à en parler en commentaire !

A bientôt !

 

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#HistoiresExpatriées 10 | Mon pays et mon corps

Cet article est une participation (la première pour moi) au RDV #HistoiresExpatriées, créé par mon amie Lucie du blog: L’occhio di Lucie!
 

Ce mois ci, un thème qui m’a beaucoup beaucoup beaucoup (est-ce assez?) parlé, et qui a été proposé par Maëva du blog Maeva’s Mapa Mundi: « Mon pays et mon corps« . Je suis donc partie de la perception DES corps à Mada, pour parler de mon rapport au mien ! 🙂
RDV sur le blog de Maeva pour découvrir les participations des autres blogueurs sur ce thème !
 

J’aurais pu aussi vous parler des tatouages, du fait de faire du sport (et de se faire suivre sur plusieurs kilomètres…), ou encore des coiffures et des cheveux, mais ça aurait fait beaucoup !

*SOPK: Syndrome des Ovaires PolyKystiques. Il y a plusieurs sortes de « kystes » dans les ovaires, et tous n’ont pas la même influence ni la même origine. Même pour les SOPK, les symptômes varient suivant les personnes. Certaines n’auront que des règles irrégulières, d’autres auront de l’hirsutisme, et d’autres encore pourraient être stériles. Peu connue, peu étudiée… Le SOPK touche pourtant 10% des femmes, et n’est souvent pas diagnostiqué… Il existe des recherches et des traitements, mais les médecins vous donnerons le plus souvent une pilule et BASTA (sauf que en vrai, parfois ce n’est pas une solution du tout, ça crée d’autres problèmes et tout le monde s’en fiche)… bref… Pour ma part je cumule plusieurs symptômes, et ils sont souvent à l’origine de mes complexes et de mes inquiétudes… (et depuis mes récentes recherches, de bien plus de choses que j’ignorais ! – comme mes périodes de déprimes, qui sont aussi apparemment dues à la maladie).

Et pour la partie « évolution de l’homme »: