Venise: Le bilan.

(Attention: article long  // Cet article ne parlera que de mon ressenti, de l’expérience de vie, pas des cours ou de ma formation). 
Un coucher de soleil à Venise. Des couleurs différentes à chaque fois, mais c’est toujours magnifique.
Le 11 septembre 2013, j’arrivais à Venise, la Sérénissime, pour un semestre de cours sur les droits de l’homme, dans une promo de 96 étudiants internationaux, le tout en anglais. 
Une première. Je n’étais jamais partie en Erasmus, je n’avais pas suivi de cours en anglais à part ceux de la fac (je vous laisse imaginer le niveau). C’était nouveau, stressant.
Les galères administratives.
Tout commence bien avant, pendant le processus de sélection. Documents à fournir, CV à actualiser, lettre de motivation en anglais… un avant goût. Puis on reçoit le mail d’acceptation, on manque de renverser sa chaise, on saute partout et là il faut gérer pas mal de choses en deux petits mois: sécurité sociale (en fait, en master européen on a pas la sécu’ étudiante, vu qu’on n’a plus le statut d’étudiant français – il faut donc se faire rattacher à ses parents – mais ça, ils le savaient pas dans mon bureau Amélie…), « Codice Fiscale » (obligatoire pour étudier / signer un contrat en Italie – mais don’t worry, vous ne signerez pas de contrat), recherche d’appartement… J’ai pas mal évité les galères de ce côté là, et j’ai pu trouver un logement assez rapidement (sans jamais savoir s’il existait bien IRL, mais ça, c’est un risque à prendre). Et l’année commence…
Rencontrer sa nouvelle coloc’, se renverser du café dessus le premier jour et arriver en retard: check. 
Orientation days: 96 prénoms à retenir !

Cette année, j’ai beaucoup appris. Sur moi-même. Je me connais mieux, et je sais un peu plus comment m’adapter, m’intégrer dans un groupe, et quels sont mes défauts. Evidemment, ayant été habituée à ma bande de pote depuis le lycée, il y a des choses qui doivent changer. J’ai galéré au début, et ce n’est qu’à la fin de mon séjour à Venise que j’ai enfin pu être à l’aise dans ma promo. Moins prise de tête. 
Cela a été perçu (je pense): plus festive, j’étais aussi plus « présente ». Être plus « moi » aussi. Il m’aura fallu 4 mois pour comprendre tout ça, mais ça valait le coup. 
Moot Court / © Philipp Hamedl. 
Des projets plein la tête…
Ma promo, c’est des gens biens. Des gens passionnés, motivés, qui n’ont pas peur de bosser sur divers projets, quitte à ne plus avoir trop de temps libre.Qui donnent de leur temps sans compter. 
Le planning de cours était finalement peu dense, mais avec des examens réguliers, et des cours tous les matins de la semaine, l’absence de jours fériés et des séminaires optionnels qui finalement ne le sont pas trop, le temps pouvait manquer. Cela n’a pas empêché mes compagnons d’aventure de se lancer…
Migrant Matter, une « advocacy campaign » pour demander la ratification de la Convention Internationale sur la protection des droits des travailleurs migrants, campagne toujours en cours que vous pouvez suivre sur facebook, ou sur leur blog. Ils ont été hyper actifs, ils sont hyper mobilisés. Et ils le restent dans leurs destinations du second semestre, tout simplement parce que le sujet est important: Migrants Matter. (Note: je n’ai pas participé à ce projet). 
VdayVenice: Une équipe d’une vingtaine de filles décidées à faire quelque chose pour les droits des femmes. Mais je vous en reparle bientôt dans un article spécial, parce que le Vday c’est bientôt (le 14 février, voir ici). 
Une chorale de folie. Ouais une promo d’artistes, vous auriez du les entendre chanter. La chair de poule ! Magique. Et pour certains, jouer de leurs instruments. Et les photos des photographes pour garder de beaux souvenirs de tout ça… 
E.MA / Dernière soirée pour moi sur Venise, sur la plage du Lido. 
Des souvenirs…
Forcément. Même sans être hyper intégré, on vit sur le Lido, cette petite île au large de Venise, entre nous. On se croise au café. On se croise au Billa faisant nos courses. On sort ensemble. On visite ensemble. On vit ensemble en fait. Donc quand le moment de la séparation approche, on se souvient… Les chansons, les premières soirées sur la plage, les danses, les voyages (nous avons eu la chance de partir aux european development days à Bruxelles, et au Kosovo en voyage d’étude), les cours, les blagues, les présentations, les sourires, les petits moments de vie.
Et c’est maintenant que je suis de retour en France pour quelques jours que je me rends compte que tout ça me manque vraiment. Partir en retard à vélo pour me rendre au monastère, demander qui à fait les « readings », les repas avec le groupe des français, ou avec ceux qui décident de manger en dernier (les rebelles ouhou), les cafés, les retours sous la brume…  Voilà, ils vont me manquer

Une ville… 
Venise. C’est pas rien quand même. J’ai vécu à Venise. Et je n’en ai pas vu grand chose. Réel regret de ce semestre, je n’ai pas pu faire la vraie touriste (attention: le tourisme est un danger pour Venise, et si je veux visiter, j’espère le faire d’une façon qui dégrade le moins possible la ville). Je vous ai fait la sélection de mes endroits préférés, les « things to see« , mais j’aurais voulu en voir plus. Je connais déjà d’autres parties de l’Italie, mais visiter les alentours aurait pu être sympa aussi. Bref, en septembre je dois y retourner (soutenance du mémoire oblige) donc j’essaierais de me rattraper de ce côté là. 
Venise, ville à touriste. Ce n’est pas vraiment le meilleur endroit pour vivre. En fait la vie y est assez chère, la ville même est toujours bondée de touristes (le Lido quant à lui est plutôt désert). Mais on ne peut qu’admirer la beauté de cette ville qui sombre. Alors même si il y a des inconvénients (allergies et humidité ne font vraiment pas bon ménage), c’est un peu fou. J’ai vécu à Venise… 
Et c’est déjà fini. 

Dernier trajet pour prendre un verre sur la plage. Bye Bye Monastère, Bye Bye Frenchies !
Un départ… 
Fini Venise, il faut maintenant se concentrer sur la prochaine destination: 
Bucarest ! 
C’est donc en Roumanie que je vais finir cette dernière année d’étude riche en rebondissements. Le pays de Dracula! Après ces articles sur les fantômes et mythes de Venise, je ne pouvais rêver mieux. Je ne connais pas cette partie de l’Europe, et je fais partie de cette petite partie de gens de ma promo qui partent seuls. Alors ce sera la surprise, et la découverte… Et donc de nouveaux articles ici !
Du coup on recommence tout au début: inscriptions, papiers, monnaie, appartement… Mais cette fois je me sens mieux préparée, parce que j’ai l’impression d’avoir pas mal changé. Chez moi, je ne me sens plus vraiment « chez moi », et j’ai l’impression que cette sensation va rester longtemps (une bonne excuse pour se faire les 8 saisons de Dexter d’affilé?) … 
Et cette fois, je n’ai pas trop peur de partir, ou des galères. J’attend avec impatience le moment du départ
Le blog reprend vie après un mois d’absence, un voyage très formateur au Kosovo, un mois de folie à Venise et une petite semaine de repos
Welcome. 

La petite histoire… Du Rialto.

Encore une histoire trouvée dans mon fabuleux livre sur les histoires de fantômes à Venise. Je raffole de toutes ces histoires, la petite histoire avec un petit « h » qui peut raconter plein de choses, et rien à la fois. Mais toujours liée à des croyances que les hommes avaient (voire ont toujours) à une certaine époque. 

L’histoire du Pont du Rialto est spéciale, puisque c’est exactement la même (à un détail près) que celle d’un célèbre pont sur lequel j’avais fait un exposé (que j’ai toujours sur disquette) au primaire: Le pont du Gard. (Histoires d’ailleurs introuvables sur wikipedia – Et Bim). Ce site proche de ma maison, dont j’ai conservé l’histoire en tête, simplement parce que je me souviens plus facilement des anecdotes que des vraies notions historiques ou géographiques (impossible de donner une date, ou de placer un pays sur une carte – je sais, c’est désespérant – j’incarne seule les échecs de la France au test Pisa). 


Je ne peux pas placer ce pont dans les « things to see in Venice« . Vous le verrez. Si vous devez passer au-dessus du Grand Canal (généralement après avoir visité San Marco), vous y passerez. Tous les panneaux sur les murs (parce que Venise est un vrai labyrinthe, mais heureusement avec ces flèches un peu partout, on s’y retrouve) y mènent, tous les touristes y passent, et quand on est emporté par la foule, forcément… Bref vous y passerez. 

Père Castor Père Castor
La petite histoire…
Ponte Di Rialto. 

Alors ce Pont, vous le verrez, est assez exceptionnel: des arches, tout blanc d’un bout à l’autre du Grand Canal, toujours bondé, et sacrément large: au milieu on retrouve de nombreuses boutiques d’arts ou de souvenirs (ce qui me fait penser au Ponte Vecchio de Florence, malheureusement, personne ne m’a conté son histoire). Donc ce pont, assez exceptionnel, c’était quelque chose à l’époque (aux alentours de 1500). Imaginez le travail du maître d’oeuvre, un certain Antonio Da Ponte – sans blague. Imaginez aussi, que par son audace, Antonio a eu le chantier en passant devant un certain Léonard de Vinci… 
Et cet ouvrage exceptionnel, il prit du temps. La construction n’avançait pas, et chaque jour au petit matin, ce qui avait été construit la veille était détruit. Et le pauvre Antonio qui devait livrer l’ouvrage… Une nuit, il décida de se rendre sur le chantier, pour voir ce qui se passait durant la nuit. 
Il vit un homme encapuchonné en train de détruire les constructions du jour. (Alors là évidemment un homme encapuchonné, on commence à se douter de ce qu’il se passe). Il alla le voir, et ce fut le Diable en personne qui lui adressa la parole. Le pont était impossible à construire (ou allait savoir pourquoi le Diable n’en voulait pas), mais si Antonio promettait de donner l’âme du premier passant, il ne viendrait plus la nuit détruire son ouvrage, et promis, les travaux allaient avancer
L’histoire ne dit pas si Antonio avait entendu parler du Pont du Gard (construit pratiquement 1000 ans avant), mais il avait pris le diable au mot: le premier « passant ». Il n’était pas mention d’homme. Alors, il passa le pacte avec le Diable. Pour le Pont du Gard, les constructeurs avaient décidé de faire passer une brebis (ou un mouton), et cela avait marché. Antonio opta pour un coq
Et les travaux avancèrent. A une allure assez impressionnante (apparemment). Bref, quelques temps après, le Pont fut achevé. Antonio posta des gardes de chaque côté du Pont, pour qu’aucun homme ne traverse, et attendit le petit matin pour faire traverser le Coq
MAIS CE N’EST PAS LA FIN…. 


Non non non. Le Diable lui avait surement entendu parler du Pont du Gard, puisque c’est lui-même qui était sensé avoir conclu le pacte. Et on n’allait pas lui faire ce coup une deuxième fois! Sous son apparence d’homme encapuchonné (pratique pour se balader dans les rues), il alla voir la femme d’Antonio, enceinte jusqu’aux yeux, et l’avertit que son mari avait eu un problème sur le chantier. Evidemment affolée, elle courut jusqu’au Pont pour aller sauver son petit mari. 
Arrivée au niveau des gardes, ces derniers (qui n’étaient bien sûr pas au courant du pacte) la reconnurent et ne l’arrêtèrent pas. Elle traversa le Pont, et avant qu’Antonio ait compris ce qui se passait, le Diable pris son dû. Et plutôt deux fois qu’une: le contremaître perdit ce matin sa femme et son enfant à naître. 
Et depuis le Pont reste en place. 
Mais on raconte que par les froides nuits brumeuses, on peut entendre un enfant éternuer sur le Pont… Ce serait l’âme du petit garçon d’Antonio, qui serait bloquée sur le Pont. Il aurait suffi à un Gondolier de dire « Salute » après l’un de ses éternuements pour que son âme soit libérée. Si jamais vous vous retrouvez donc sur Pont et que vous entendez un éternuement, c’est peut être l’âme de ce petit garçon, qui serait restée emprisonnée quand même. Et vous aurez peut-être la possibilité de le sauver. (ou alors c’est que vous êtes à Venise avec des gens enrhumés).

Et voilà, j’espère que cela vous a plu!  
Xx.

[Edit: peu de choses depuis un moment à cause d’un petit problème de dents. RDV dans la maison cochon du Lido…]

THE things to see in Venice #3

Après la place Saint Marc de nuit, et Burano, voici le Number Three…

La Librairie Acqua Alta !

Cette librairie est juste magique, et vous pourrez y passer des heures. Des livres, des posters, des cartes,… PARTOUT. Au sol, en haut, sur un bateau, rangé, en désordre, sur des chaises, … Les vieilles cartes ont leurs histoires, les livres comportent parfois des dédicaces. En Italien pour la majorité, mais aussi un rayon allemand, anglais, et « vieux livres français« . Un escalier de livres.Un mur de livres. 4 pièces, dont au moins une qui doit être inondée pendant les Acqua Alta vu que la porte du fond donne directement sur un canal. 
Le propriétaire est vraiment gentil, parle environ toutes les langues (ou au moins Italien – normal, anglais, français, allemand, et espagnol). Et un gros chat gris (un énorme chat gris plutôt) dort sur son comptoir. On peut y trouver de tout, et c’est là où j’ai trouvé mon livre sur les histoires de fantôme à Venise
Un article minuscule pour une grande librairie, je vous laisse avec les photos (j’ai malheureusement un oral à préparer). 

« Wonderful View » = je vous conseille d’aller voir, je vous laisse la surprise!
Photo prise par Tessa, ma coloc’.
La librairie possède une page facebook (où l’on peut admirer les photos que les gens font à l’intérieur), et une note de 4,5 sur Tripadvisor, largement méritée – ce qui pour moi reste assez original pour une librairie.
Libreria Acqua Alta
Calle Longa Santa Maria Formosa (Corte Senza Nome)
5176 – Castello,
30122 Venise, 
Italie.

THE things to see in Venice #2

Alors après le #1: Piazza San Marco DE NUIT (sinon ça marche pas), la deuxième chose qu’il faut voir à Venise c’est …

BURANO

Ne pas confondre avec Murano, où on fait le célèbre Verre de Murano!
Oui ce n’est pas sur Venise même, c’est une petite île à côté. Île colorée (vous allez voir les photos – fin d’article), c’est pour moi le plus bel endroit à voir. Ce n’est pas très grand, et depuis Venise il ne faut pas trop de temps de Vaporetto (du Lido comptez par contre environ 45 minutes). On raconte que les gens n’ont plus le droit de changer la couleur de leurs maisons là bas (pour correspondre aux anciennes photos).
Bon j’ai pas d’histoires de fantômes pour Burano, donc je ne parlerais que de ce que j’ai lu dans les guides touristiques traditionnels – soit rien, puisque on y trouve que deux adresses pour manger- et sur Wikipédia (oui ben c’est toujours ça!).
Burano c’est à l’origine une ville de pêcheurs, et comme la brume y est dense (Toi aussi, tends le bras pour voir disparaître ta main! si si! Evidemment cela ne marche pas par grand soleil), ils avaient décidé de peindre leurs maisons dans des couleurs différentes, pour pouvoir les retrouver (tout simplement). Voilà pour la couleur.
Ensuite, Burano est connue pour sa dentelle, avec une méthode bien particulière, bref un truc qui envoie. Les femmes des fameux marins partis en mer devaient bien s’occuper (bon d’après Wiki, elle faisaient ça au coin du feu, écoutant les récits de pêche de leurs maris… Mouais. Soit elles adoraient la dentelle, soit elles voulaient trouver un truc à faire pour ne pas vraiment écouter leurs maris sans paraître trop garces). Elles exportaient en Europe, et les Rois adoraient leurs dentelles. C’était un peu Amour Gloire et Beauté. Sauf qu’il faut beaucoup de temps pour faire une nappe (trois ans d’après notre ami Wiki’), et donc ça coûte un bras (ça tombe bien, vous vous êtes habitués à le voir disparaître dans la brume! ça ne sera pas très différent!).
Sinon on trouve de la dentelle et du verre de Murano made in China (fin du Glamour, de la gloire et de la beauté), à peu près dans toutes les boutiques. C’est dommage, et c’est un des gros soucis pour les commerces Vénitiens: énormément de contrefaçons. Le mieux: avoir le petit certificat d’authenticité (mais soyons honnêtes on est jamais vraiment sur). Donc ici tout dépend de votre éthique personnelle.
La mini tour de Pise: le clocher de la seule Eglise de l’île penche sérieusement. Ça ne se voit pas sur les photos qui suivent, mais ça remet sérieusement en doute les lois de la gravité. 
Le mieux: y aller par une belle journée, avec un beau soleil (le soir il y aura souvent de la brume). L’île n’est pas très grande, donc on peut choisir de faire une grass’mat’ ou d’aller visiter Murano avant (oui l’île du verre), qui se trouve juste à côté. Conseil: Murano d’abord, parce que c’est plus proche, ça permet de faire une coupure dans les trajets en bateaux, surtout pour ceux qui ont le mal de mer … (et puis parce que c’est moins joli, ça vous permettra de mieux apprécier Burano, ou à l’inverse, de ne pas être déçu par Murano).

Et maintenant les quelques photos que j’ai prises là bas:

Et voilà ! A bientôt pour la suite 😉
Xx

THE things to see in Venice #1 !

Ça fait maintenant deux mois (un petit peu plus) que je vis sur le Lido, et que je vais faire la Touriste sur Venise. Et pour moi il y a deux choses à ne surtout pas rater. Du genre si tu le vois pas, t’as raté ta vie visite.
Parlons donc ici du Number One, un truc qui te coupe le souffle tant c’est beau et tout et tout: 
La Piazza San Marco, de NUIT

(et si possible avec Acqua Alta et bottes de pluies). 
Alors la Piazza San Marco c’est un peu le truc le plus connu de Venise. Déjà c’est la seule place avec le nom de Piazza et pas « Campo ». Et BIM. On y trouve entre autres le Palais des Doges et la Basilique Saint Marc (côte à côte). 
De nuit il y a des petites lampes sur chaque fenêtre (et y’a beaucoup de fenêtre), beaucoup moins de touristes (oui la journée c’est intenable) ce qui donne une autre ambiance, bien plus magique. (Et on voit pas que les murs sont tous gris et salis par les pigeons). 
Pourquoi avec l’Acqua Alta? Parce qu’avec l’eau sur la place, les bâtiments sont en double dans les reflets, et c’est DEUX FOIS PLUS MAGIQUE (mais attention hein, je parle de petites marées, avec l’eau au niveau des mollets, pas des vraies Acqua Alta de 1m40!)!
Et si par chance vous avez des bottes de pluie, ou les grandes chaussettes en plastique, vous pouvez vous balader dans ces reflets, et personne ne sera autour de vous: les gens restent sur les zones sèches, ou sur les tables (enfin des passerelles). Je vous invite à aller jeter un œil à la recherche d’image « Acqua Alta » sur Google

Voici une petite illustration, sortie tout droit de mon téléphone portable: 


Ok passons donc maintenant à la partie histoire, pour les plus téméraires. Mais pas n’importe quelle histoire. Dans la librairie « Acqua Alta » (ce sera le truc à voir #3), j’ai pu trouver le livre:
 Légendes Venitiennes et Histoires de Fantômes, Guide des lieux mystérieux de Venise
par Alberto Toso Fei. 

Un petit livre composé de différents parcours dans Venise (environ une demi journée pour chaque parcours), qui raconte l’Histoire des lieux, la vraie, la glauque, et la mythique. On y parle batailles, Diables, amoureux… Et il y a une partie sur la fameuse place Saint Marc. 
Déjà, sachez que c’était la « place publique » au sens « exécution sur la place publique ». Ah déjà ça jette un froid… Par superstition on ne passe pas entre les deux colonnes de la place (la première avec le fameux Lion ailé et celle avec Saint Théodore): c’est justement le lieux des exécutions (Brrrr). Et cette colonne avec le Lion, il est impossible d’en faire le tour, en la fixant, et les mains derrières le dos (ou en tout cas, aucun prisonnier n’a jamais réussi à être gracié de cette façon). L’auteur nous conseille d’essayer (je suppose donc que lui aussi l’a fait et a du tomber. Doit y avoir un truc au sol, je mène ‘enquête). 
Le Lion au dessus de cette colonne a d’ailleurs passé quelques années de sa vie à Paris, Place des Invalides.
Cette place, centre (politique) de la ville, a été le lieux de batailles et de tentatives de coup d’Etat.  L’un des appartements autour de la place n’aurait pas changé de loyer depuis 1600 et quelques. La Dame qui y habitait n’a ni plus ni moins que sauvé la ville, faisant tomber du mortier sur le porte drapeau des hommes venant prendre la ville. Et BIM, plus de bannière, plus de repères, l’armée de Venise pris l’avantage. Pour remercier cette dame, la ville décida de ne plus augmenter le loyer de son appartement pour elle et ses descendants. (Je suis en rechercher, je n’ai toujours pas trouvé ledit appartement). 
La grande tour de briques, le clocher, en face du palais des Doges: les prêtres excommuniés étaient suspendus à cette tour dans des cages en bois, exposés au vents et au froid. Et sérieux, en ce moment, il se met à faire froid (surtout que regardez bien, c’est vraiment face à la mer…). 
Voilà pour le glauque, je n’ai pas le droit de réécrire le livre donc on en reste là. Par contre je peux vous parler un peu de l’Acqua Alta. Alors cette marée particulièrement importante se produit à Venise, et engloutit la ville (enfin environ 14% de la ville). La place Saint Marc est toujours la première inondée, c’est le point le plus bas. L’eau peut atteindre les 1m40 de hauteur ! Evidemment tout est prévu: les vénitiens reçoivent une alerte sur leur téléphone portable pour les marées. Pour les marées importantes, une sirène sonne quelques heures avant le point culminant (environ 3 heures avant): cela vous laisse le temps de partir de chez et d’aller travailler sans vous noyer. Brillant. Et elle est diffusée partout (sur le Lido aussi, déjà deux fois, en une semaine, que cela me réveille à 7h le matin – apparemment il y a un émetteur dans mon immeuble). 
A tous ceux qui m’avaient dit qu’il n’y a pas de marée en méditerranée !! (Bon ok, ça vient aussi de la conception particulière de l’Adriatique, mais quand même!). 
Cela peut sembler marrant, et atypique, mais en fait c’est un cri de détresse. Venise s’enfonce tous les jours un peu plus, et elle sera bientôt submergée (Atlantide vous avez dit?). Cette ville n’et tenu à la surface que par des piliers de bois, qui n’arrivent plus à supporter le poids de la ville. Ajoutez à cela les nombreux Bateaux de croisière qui passent à côté du grand canal tous les jours: leur poids déplace la vase au fond de l’eau, qui s’engouffre dans les petits canaux de Venise: et le niveau de l’eau monte. Et aussi l’activité industrielle de la ville (destructions des îles de l’Adriatique, qui servaient avant de remparts, construction de canaux pour les bateaux, qui creusent le fond, usage intensif de l’eau des nappes phréatiques…). 
Bref si vous voulez voir Venise, vaut mieux venir vite. Les scientifiques estiment qu’elle aura totalement disparue en 2050
C’est sur cette note éminemment joyeuse que je vous laisse. 
Xx. 
(Peu d’articles ici, un « essay » à rendre, un oral la semaine prochaine et un rapport de groupe…). Qui plus est je pars sur Bruxelles pour les « EU Devlopment Days » ! – Youpi conférences. Je vais donc essayer de préparer les articles #2 et #3 pour qu’ils soient publiés dans la semaine!).

Sotto la pioggia !

Alors voilà quelque chose d’inattendu (au moins pour moi) ! Venise c’est… 
HUMIDE. ET GRIS. 
Ayant peu être trop regardé les jolies photos que l’on trouve sur internet, j’avais en tête l’Italie ensoleillée, une Venise aux températures agréables… Que Nenni ! Ben oui ma cocotte, Venise c’est une ÎLE ! (Et le Lido où je vis aussi). Un île ça veut dire entourée d’eau, ça veut dire entrées maritimes, ça veut dire vent et donc parfois froid. En fait le froid n’a pas tardé à me rejoindre dans la contrée de Vénétie (ndlr: relatif, depuis quelques jours le temps est plutôt gris mais avec des températures agréables). Une semaine tout au plus, soit la dernière semaine de Septembre. Les pluies supposées pour les mois de novembre, décembre et janvier sont là depuis à peu près la même période. Reste toutefois quelques jours d’accalmie, où profiter des jardins / parcs / visites / plages devient une priorité. Question de vie ou de mort, il faut profiter du soleil
Le temps peu aussi changer dans la journée, et passer d’un beau soleil au réveil à une bonne grosse pluie dans l’heure suivante (ndlr: l’inverse reste plus rare, la pluie a tendance à rester un moment).Finalement, le Lido est constamment recouvert de brume (d’où l’humidité), ce qui gâche un peu les jolis paysages, les jolies photos, et les jolis weekend (non le gris, c’est pas sexy!). Lorsque l’on prend le vaporetto pour se rendre sur Venise, c’est pareil: on distingue l’île à travers la brume (heureusement, moins d’un kilomètre sépare la partie la plus proche de Venise du Lido). 
L’humidité ça rentre dans vos habits, et si on arrive à un combo brume + vent (et pour les plus téméraires + vélo) on peut dire qu’on a pas bien chaud. Bon Relativisons, Venise c’est pas le sud de l’Italie non plus (euphémisme quand tu nous tiens), et il faut bien se douter à un moment donné que oui, il va faire froid. 
Je ne saurais donc que conseiller aux voyageurs de se vêtir en conséquences dès le mois d’octobre. Ou en tout cas de prévoir des habits superposables: il y a du vent sur les bords des îles, mais pas sur Venise. A croire que les rues sont trop petites pour qu’il s’y engouffre. 
Je ne saurais que conseiller aux voyageuses adeptes des brushings et autres fers à lisser de prendre de quoi s’attacher les cheveux (et de quoi les laver, l’humidité ça rend le cheveux gras). 
Evidemment tout ça, ce n’est qu’un détail devant la beauté de la Sérénissime. Sauf… 
Si on prend en compte le fait que humidité + étendues d’eau (ben oui une île) = MOUSTIQUES. Je pense avoir été leur repas principal pendant mes premières semaines de vie ici, et même s’ils se font plus rares, ils sont toujours là. Le moustique vénitien est agressif: non un jean ne l’arrête pas. Il pique à toute heure du jour et de la nuit (pour notre plus grand plaisir donc). Et il a apparemment développé des compétences pour vivre par des températures plutôt froides (en tout cas, températures auxquelles il a déjà disparu depuis un moment dans le sud de la France). Et le moustique ne vient pas seul: étant lui même le plat principal des ARAIGNÉES. Elles sont pas très grosses (enfin pour moi elles sont déjà TROP grosses), noires (et sont apparemment capables de rester plusieurs jours enfermées sous un verre en extérieur – c’est cruel, je sais, mais elle était dans ma chambre, et c’est la première idée qui nous est passée par la tête, depuis, on ose pas soulever le verre placé sur la terrasse). Et comme ce n’était apparemment pas assez au niveau bêtes vicieuses, les guêpes / taons / frelons se sont rajoutés à la fête. Nos grands amis de la pause café (ayant actuellement envahi les poubelles où nos jetons nos gobelets à café, ces joyeux compagnons sont réveillés à chaque jet de gobelet et/ou mégot pour notre plus grand plaisir).  
Ami présent dans la cité des Doges, si comme moi tu as quelques problèmes pour rester neutre devant ne serait-ce qu’une toile d’araignée, ne t’appuie pas sur les barrières en attendant le vaporetto. C’est leur coin préféré (et généralement avec l’eau en fond, on les voit pas). De la même façon, n’attache pas ton vélo à une barrière près de buissons. Et si tu as de la chance comme moi, ne va pas étendre ton linge sur ton balcon (parce que oui je suis l’évolution de deux araignées vivant entre les fils d’étendage de ma petite terrasse, l’une semble sur le point d’accoucher, l’autre a du prendre 2 cm depuis que je suis arrivée – oui je viens du sud)
Voilà c’est donc sur ces réjouissantes (et inintéressantes) nouvelles que l’on se quitte…
Xx
P.S: ne pas se fier au titre, je ne parle pas DU TOUT italien. 
  

Expériences culinaires

Arrivée en Italie depuis un peu plus d’un mois maintenant, j’ai déjà avalé plus de pizzas que je n’en aurais voulu. Et de Prosecco aussi. Mais outre cela, lors d’une ballade dans les rues de Venise, je suis tombée sur un petit restaurant bien sympa, et pas bondé. Oui parce que Venise, dans les rues c’est ça:
Bon ça c’est le Pont du Rialto, mais c’est partout pareil. En gros impossible de traverser une rue « touristique ». La chanson d’Edith Piaf prend ici tout son sens (« emportée par la foule… »). 
Alors imaginez la surprise quand au détour d’une ruelle…
(Enfin un peu plus loin, parce que celle là je ne me rappelle pas où elle mène), je tombe sur ça: 
Deux personnes y sont attablées, disant qu’elle n’avaient pas encore goûté jenesaisplusquelplat, ce qui veut dire qu’elles y sont retournées plusieurs fois (bon signe – bon après ce sont des touristes, elles parlent en anglais, vu que je ne connais aucun mot en italien). 
Gianna et moi décidons donc de manger ici, sur cette petite place plutôt sympathique, à environ 10mètres du Grand Canal. 
En apéritif, Spritz et Prosecco (un vin blanc pétillant, qualifié par certain de « cheap champagne ») !
Après un petit tour d’horizon sur la carte, je penche pour du foie de veau, aux oignons avec de la Polenta. 
(La majorité des plats sont à un prix réellement abordable)
Ce n’est évidemment pas de la « grande cuisine » (avec un prix pareil faut pas pousser mémé dans les orties non plus). Mais les oignons étaient juste délicieux, le foie super (mais là évidemment faut aimer ça). Le tout était quand même très bon, et malgré l’assiette visiblement petite je n’ai pas pu continuer sur un dessert (je suis passée directement au café). Gianna par contre s’est fait un petit plaisir avec le dessert du jour.
(Gateau qui entre nous était super bon – parce que le serveur super sympa nous avait apporté deux fourchettes). En plus pour la petite blague, le serveur m’a même apporté un stylo avec l’addition… 
Point noir de ce restaurant: un service très lent (qui leur vaut une note de 2/5 sur Trip Advisor). Entre nous, cela ne me dérange pas tant que ça. Et je n’ai pas tant attendu, il suffit de faire un petit geste au serveur pour qu’il arrive (au lieu d’attendre qu’il vienne de lui même). 
Une adresse à tester donc, si on cherche un restaurant pas trop cher, avec une carte un peu originale (la pizza c’est bien, mais parfois ça fait du bien de changer): 
Ai Coghi
Quartier: 1022 San Polo, 
Rio Terrà San Silvestro
Venezia, VE 30125.