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#HistoiresExpatriées 21 | Les clichés sur les français

Bonjour à tous ! Me revoilà pour un nouveau rendez-vous #HistoiresExpatriées, créé par mon amie Lucie du blog: L’occhio di Lucie! Ce mois-ci c’est le thème de la vision de la France et des Français qui a été proposé par Eva du blog « Frenchy Nippon« . Je vais donc vous parler des clichés sur les français !

Vaste sujet que les clichés sur les français ! Souvent véhiculés par les français en vadrouille (expats ou voyageurs), parfois par les films ou par des rumeurs obscures… Que ce soit au Cambodge ou à Madagascar, j’ai souvent eu à faire aux mêmes préjugés, parfois partagés… et parfois non ! Je vais donc vous livrer ici les clichés que j’ai rencontré le plus souvent !

DISCLAIMER: Je ne dis pas que TOUS les français ont ces traits de caractère ! Mais ce sont des clichés largement véhiculés sur les français. CLICHES. Bref, vous l’avez.

1 – Les français mangent du fromage et boivent du vin (rouge)

Bon, force est de constater que ce cliché sur les français est plutôt vrai. Même si personnellement je ne bois que du vin blanc et que je ne mange presque pas de fromage… A part du Parmesan et de la Mozzarella… des fromages italiens donc!.

Du coup, je ne vis pas de grosses périodes de manque de fromage. Je ne me jette pas sur le premier camembert président fraîchement débarqué dans la supérette du coin. Mais je me suis aussi laissé dire que si je ne faisais pas ça, je n’étais pas une VRAIE française. Bon point pour moi, je porte souvent des marinières, ça rattrape !

Carte de la France humoristique: la France est un camembert et la Corse un verre de vin
La VRAIE carte d’Europe

2 – Les français sont râleurs

C’est vrai ! Pas plus tard qu’il y a deux jours dans un avion ayant 3h de retard, je parlais avec une taïwanaise qui me disait que dès que quelqu’un faisait un soufflement « de cheval », c’était un français ! Bon après de multiples destinations, je dois l’avouer… les français sont râleurs ! Et ceux qui disent ne pas être râleurs et prendre la vie du bon côté… Râlent sur les gens qui râlent !

Râler c’est dans notre ADN de français ! On manifeste, on fait la grève, on s’insurge, on s’oppose, on débat, on refait le monde à l’apéro et on râle sur la nourriture régulièrement.

Si vous entendez quelqu’un râler, il y a de grandes chances que ce soit un français ! Voilà c’est dit, nous râlons pour tout et pour rien! Mais ça ne veut pas dire que nous sommes mécontents. Mais bon avouons-le, on se porterait un peu mieux en râlant moins ! 😉

Illustration du français râleur: trop froid, trop chaud, et soufflement de cheval.
(En plus, nous avons tendance à vraiment exagérer nos expressions faciales…)

3 – Les français sont racistes

Ce cliché sur les français n’est ni vrai, ni faux. Il y a des français racistes, et il y a des français non racistes. Malheureusement y’a pas mal de racistes qui voyagent et qui propagent leurs idées nauséabondes avec eux… Et les médias partagent beaucoup les news « à sensation », dont font partie les nouvelles concernant les partis extrémistes…

4 – Les français sont gros

Que ce soit au Cambodge ou à Madagascar, on aura tendance à vous féliciter si vous prenez du poids. Cela prouve que vous mangez bien, que vous êtes en bonne santé (et donc que vous réussissez votre vie, aussi du côté financier). Mais on aura aussi tendance à vous faire remarquer sans plus de ménagement que vous avez grossi. Ce n’est pas « insultant », et culturellement ça se fait beaucoup, même si c’est assez surprenant.

Après, il suffit de se dire que nous n’avons pas le même gabarit, le même physique et la même morphologie: on est facilement plus larges que les personnes vivant sur place. (N’essayez pas de trouver un pantalon à votre taille dans une boutique locale si vous faites plus d’un 34… sorry).

Dessin humoristique sur l'habillement à l'étranger (personnage doit s'habiller au rayon femmes enceintes)
#TRUESTORY dans un Gaisano Philippin

5 – Les français sont riches

Quand on compare le coût de la vie au Cambodge ou à Mada, et les salaires moyens, avec le coût de la vie et les salaires Français, il faut se rendre à l’évidence: les français sont riches. Même les personnes bénéficiaires du RSA qui s’expatrient (officieusement puisque c’est interdit), ont souvent un meilleur niveau de vie sur place. (Attention, je ne dis pas que l’on vit bien au RSA, mais on vit surement mieux avec un RSA a Mada qu’en France).

Alors c’est parfois difficile au niveau éthique, quand on a des salaires européens à l’étranger. Ayant été en VIA, cela a été mon cas. J’ai par exemple appris que des compatriotes se plaignaient auprès de leurs équipes locales, mentaient sur leurs salaires (alors que les barèmes des VIA sont publics), pour se faire plaindre. C’est triste, quand on sait que le salaire moyen malagasy est à 30 euros par mois…

Dessins comparatif des prix entre la France et Madagascar: du simple au triple
Les prix peuvent même baisser plus si vous parlez la langue ou avez des connaissances sur place.

Petite histoire personnelle: j’ai été ouverte avec mes équipes, et je n’ai jamais menti sur mon salaire. Mais cette « ouverture » était liée à un effort d’explications sur les conditions du retour: un VI c’est un à deux ans, sans cumul de chômage, au retour on doit donc reprendre une vie « française », sans avoir de revenus. Il faut donc pouvoir mettre de l’argent de côté pour parer aux imprévus et avoir le temps de retrouver un boulot.

C’est aussi bien d’expliquer que si on est riche à Mada, on n’est pas riche en France: les courses, la vie, tout est plus cher. C’était aussi intéressant de comparer le prix de certains aliments, des loyers. Enfin, dans mes deux pays d’adoption, mes collègues ont été choqués d’apprendre qu’en France il y a aussi des personnes qui dorment dans la rue… Triste réalité qui n’est absolument pas visible depuis l’extérieur.

6 – Les français ont un humour décapant

Les français ont un humour particulier: on est très « agressifs » (notamment sur le physique). Honnêtement, on en a tellement l’habitude que l’on ne s’en rend pas compte. Mais en réalité, on attaque très souvent les gens, notamment nos amis proches, sur leur physique, sur leurs défauts… Un peu comme si nous n’avions pas grandi depuis l’époque de l’école primaire.

Si cela passe bien avec les autres français, cela peut être très choquant pour les autres, et on peut facilement blesser les gens sans s’en rendre compte. Heureusement on parle assez mal les langues étrangères, on a donc du mal à faire des blagues :p

Dessin d'un personnage qui rit alors que l'autre s'offusque
L’humour français n’est pas du goût de tous.

7 – Les français sont des loveurs

Cliché sur les français par excellence ! Le France est le pays du charme, de l’amouuuuuuur, et du romantisme, les français sont amoureux. Bon, d’abord tous les français ne sont pas romantiques, ça c’est sur. Ensuite, tous les français ne sont pas en couple (normal). Par contre, les français amoureux démontrent leur amour partout et à la vue de tous, et parfois ça passe pas. Alors on évite les bisous dans les temples, les zones religieuses, et idéalement toutes les rues en dehors de la France. Voire dans certains pays, on évite de se toucher ou de se tenir la main. Tout cela afin d’éviter de heurter les gens, car oui, la pudeur est bien plus répandue que nos bisous (je vous ai déjà dit qu’on ne s’embrasse pas partout de la même façon ?).

8 – Les français sont …

Celle là c’est mon petit coup de gueule personnel… J’ai eu la chance de pouvoir voyager, de rencontrer des gens incroyables, des locaux comme des expats. Malheureusement j’ai aussi rencontré des gens qui m’ont fait me sentir très très mal en tant que française.

J’ai été dans deux pays qui étaient sous protectorat français, j’ai pu voir les dégâts infligés par la colonisation, des familles qui se sont enrichies à cette époque, et qui avec leur amas de richesses n’ont même pas eu à quitter le pays une fois l’indépendance obtenue (et sont encore en place aujourd’hui). J’ai vu la haine, ou la colère ressentie par les populations locales face aux anciens colons. Malheureusement j’ai rencontré des gens qui se comportent sur place comme si ils étaient chez eux: mais ce ne sera jamais « chez eux ».

Attention, j’ai deux grands mères pieds-noirs, je ne vais donc pas m’aventurer sur les critiques d’une autre époque. Mais dans la période actuelle, certaines habitudes des français à l’étranger sont choquantes. Les locaux ne sont pas « à notre service ». Les locaux ne sont pas moins intelligents, doués, organisés ou je ne sais quoi. Tous les êtres humains méritent le respect (et qu’on leur parle sans leur crier dessus…). Quand vous partez dans un pays, vous acceptez SA culture, on ne demande donc pas aux Khmers de baisser le volume de la musique des mariages, ni de les faire durer moins longtemps, simplement pour préserver notre tranquillité. On ne demande pas aux gens sur place d’apprendre notre langue juste pour nous simplifier la vie. Et surtout, on ne râle pas sur les mesures qui nous demandent simplement d’être en règle avec les lois locales !

dessin d'un vieux monsieur qui sort avec une jeune étrangère
Syndrome Brad Pitt: le vieux monsieur est-il vraiment convaincu de ce qu’il avance ? …

Ma dernière expérience à Mada a été un choc sur les français à l’étranger, et encore une fois je ne parle pas de tout le monde évidemment, mais j’ai vu des choses tellement absurdes, mauvaises, malsaines, que j’en ai été écœurée. Beaucoup de personnes partent en pensant détenir la « vérité », LA bonne méthode et les bons choix de vie… sans se soucier de ce que veulent réellement les autres. Et beaucoup souhaitent simplement profiter d’une vie moins chère, au soleil, mais souhaiteraient que le pays vive « à la française »… Très souvent cela se recoupe avec les français râleurs et malpolis… Triste image des expatriés français, qui malheureusement existe encore.

Mais tout de même, pour tous les français extras que j’ai pu rencontrer lors de mes voyages:

Dessin: petit personnage alexienne qui fait un coeur avec les doigts
Cœur sur vous !

Retrouvez mes autres articles pour le rendez-vous #HistoiresExpatriées en suivant ce lien ! Vous pouvez aussi découvrir les participants sur la page Facebook Histoires Expatriées !

#HISTOIRESEXPATRIÉES 16 | Un mot, une expression: MORA MORA

Cet article est une participation au RDV #HistoiresExpatriées, créé par mon amie Lucie du blog: L’occhio di Lucie!

Ce mois ci, un thème original qui a été proposé par Patrick du blog « FromSlo« : « Un mot, une expression de votre pays d’adoption ». J’ai hésité un moment entre un article sur l’utilisation de « Bong » et « Bongsrey » au Cambodge (littéralement « frère » et « sœur »), mais je suis partie sur une expression très utilisée à Mada (même si je suis rentrée il y a peu):
RDV sur le blog de Patrick pour découvrir les participations des autres blogueurs sur ce thème !

MORA MORA ! 

Mora Mora (prononcez « mouramourrr »), est une expression Malagasy que l’on pourrait traduire par « mmmmmh Relax » ou « Prends ton teeeeemps ». Car oui, si vous partez sur la grande île, il va falloir apprendre la patience ! Ce n’est pas le premier pays où je rencontre une expression ayant littéralement trait au fait qu’il faille relativiser et que les choses finiront bien par arriver (phrase souvent complétée du « Si Dieu le veut »), et c’était d’ailleurs dans un autre pays très catholique: les Philippines et le « Bahala Na » (« ce qui doit arriver, arrivera » – même si c’est ici bien plus fataliste qu’à Mada).

Mora Mora sur la plage – Chez Marceline (j’avoue, je veux bien prendre le temps 😉 )

C’est quand le Mora Mora ? 

Le Mora Mora sera utile dans tous vos aspects de la vie Malagasy: à l’arrivée à la douane à l’aéroport, pour circuler dans l’aéroport, pour franchir à nouveau la douane sur les départ internationaux, pour vos papiers (qui a attendu trois mois sa carte de résident ? – Et donc sans passeport sur place ? ^^ ), pour vos démarches, pour vos déplacement en ville (en tout cas sur Tana, les bouchons du matin et du soir sont impressionnants), pour vos déplacements sur le territoire (si votre avion décolle à 7h30, vous passerez le dernier contrôle à 7h25 tranquille – Attention ! Cette information n’est pas contractuelle !), je ne vous parle même pas des bus et autres taxi brousse (que je n’ai jamais pris, mais même pour faire quelques kilomètres, par exemple entre 30 et 40 environ pour rejoindre Lokaro – prononcer « loukar », il vous faudra au minimum 2h de voiture; ou encore près d’une heure pour rejoindre le domaine de la cascade, à … 9km de la ville) !

Dans tous les aspects de votre vie, il vous faudra être patient et laisser les choses se faire ! J’ai trouvé une super bottine en fripe vers le mois de juillet, la deuxième chaussure n’aura jamais été retrouvée:

Il vous faudra beaucoup de patience pour trouver chaussure à votre pied!

Et dans la vie pro ? 

Si il est facile de s’adapter au Mora Mora dans « la vie quotidienne », la vie qui n’est pas « pressée », ou pendant ses vacances (enfin sauf quand il s’agit d’avions annulés ou retardés), un domaine qui m’a un peu plus perturbée est le domaine professionnel ! Oui même là, la culture du Mora Mora est bien présente !
C’est peut être ce que j’ai le plus appris avec l’expatriation, et cela dans tous les pays où je suis allée: prendre du recul, relativiser et laisser faire le temps. Pourtant dans le domaine pro je suis plus « faut que ça bouge » ! Du coup, ce n’est pas toujours facile de s’adapter…Il faut se faire à l’idée que les choses se font au dernier moment, que les événements où nous sommes convoqués à 8h ne commenceront pas avant 10h, que les réunions ou rendez-vous seront souvent en retard… Et évidemment il faut aussi s’adapter à cela quand on organise soi même quelque chose (et donc, toujours prévoir que le public sera en retard).
C’est toujours une adaptation difficile, même si à Taolagnaro, on peut apprécier la beauté du paysage en attendant son rendez vous pro en bord de plage !

Ne pas se presser sur la route, priorité pour les oies aujourd’hui ! 

L’art de la patience

Finalement, le Mora Mora, quand on sait l’apprécier, nous apprend beaucoup, dans un pays où très peu de personnes ont accès à l’eau, et doivent donc patienter (beaucoup !) aux fontaines pour remplir leurs bidons, où tout aussi peu de personnes ont accès à l’électricité, et doivent parfois remettre certaines tâches au lendemain une fois la nuit tombée (tous les soirs à 18h), et même avec de l’électricité, parfois apprendre à attendre qu’elle revienne vu les nombreuses coupures…

Etant de nature assez patiente, je pense qu’aujourd’hui c’est un luxe de pouvoir apprécier le temps qui passe ! Et bien sur, toujours avec le sourire 😉

Et vous, vous êtes patients ? Avez vous déjà rencontré des situations similaires lors de vos voyages ? N’hésitez pas à en parler en commentaire !

A bientôt !

 

Madagascar: weekend pascal, conduite et coup de soleil

Bon, j’ai vraiment pas eu une journée à moi. Donc j’ai plein de croquis dans mon carnet, mais peu de temps pour encrer et colorier le tout… C’est donc 3 mois après avoir dessiné cette histoire que je la poste ! Cela fait maintenant 5 mois que je suis arrivée sur la grande île!
(Désolée pour les couleurs un peu fadasse, voir le manque de couleurs sur les paysages… mes crayons prennent beaucoup trop cher si je colorise version « appuyé »… donc ça rend sur le papier, mais au scanner, ça veut pas !)

Encore merci à Anja et sa famille 😉 
A bientôt les amis ! 

Madagascar, Arrivée à Tolagnaro !

Dans les précédentes pages de mon carnet je vous racontais ma semaine à Tana, avant le départ pour Tolagnaro (Fort-Dauphin). Voici donc mon arrivée dans cette petite ville du sud de Mada ! C’était le 16 février dernier, ça commence donc à dater !

Ça fait maintenant 2 mois que je suis là ! :O je réalise à peine !! J’avais dit que la suite était dessinée et je n’ai pas menti, je n’ai juste pas eu une seconde pour moi depuis 2 mois !

C’est parti !

(Sublime: le paysage, pas le dessin)

Et voilà pour cette arrivée à Tolagnaro ! 
Bon j’ai eu quelques soucis avec la numérisation, certaines couleurs (gris clair ou rose) ne ressortent pas :/ . Énigme à résoudre ! J’ai aussi beaucoup plus « appuyé » avec les crayons… en vrai je crois que mes feutres me manquent ! Je ne sais même plus si ils sont restés en France ou si ils sont dans mes cantines… Il faudra que je vous raconte la fabuleuse histoire de mes cantines !!!!
Mais dans les prochaines pages, on se retrouve pour ma première escapade lors du weekend de Pâques ! 
Je vais essayer de lancer une petite série aussi, des « petits désagréments » et des « petites joies » de la vie à Mada, avec des dessins d’une seule page, très courts ! (Quelques dessins sont déjà crayonnés mais je ne suis pas sure du format…). Dites moi si ça vous intéresse dans les commentaires ! 😉 

Madagascar, impressions et découvertes

J’aurais pu appeler cet article « Faune et Flore de Madagascar », mais comme je parle également de voitures et de foie gras… Voici donc la suite de ma semaine à Tana, où je vais découvrir de nouvelles choses dans divers domaines!
Pour la petite info, je n’ai pas encore vu de Lémuriens, ni les tortues (oui j’ai oublié de finir de colorier la carapace…), mais j’ai bien vu tout le reste ! (Parfois même un peu trop !!!).

Voilà donc pour cette première semaine en terre Malgache. La suite se passera donc sur la petite ville isolée de Fort Dauphin, où je vis depuis maintenant près d’un mois ! La suite est déjà dessinée, elle devrait donc arriver assez vite ! 
Pour la petite histoire, je me suis aussi battue avec deux spécimens d’araignées bien grosses et bien dégueues… les « babouk » (et j’ai maintenant l’impression qu’elles sont partout… et je vais continuer de croire que ce n’est qu’une impression). Je vous laisse chercher ça sur google ! 😉 (Et je faisais vraiment vraiment vraiment pas la maline, mais j’ai réussi à ne pas appeler ma mère, même si j’avais du soutien online :*)! 

La liste des 8 choses qui m’ont le plus manqué lors de mon expatriation au Cambodge, et celles qui me manquent le plus aujourd’hui



Un titre plus long, c’est possible ?

Bonjour à tous !

Cela fait plus d’un an maintenant que je suis revenue du Cambodge. Depuis j’ai trouvé un travail en France, temporaire, et je suis de nouveau en recherche d’emploi. Du coup, j’ai un peu de temps pour me poser (et changer de vie, mais on en parle dans un prochain article, je reprends du service!).

Je me rends compte aujourd’hui que j’ai très envie de retourner au Cambodge, et que beaucoup de choses me manquent. Avec le recul, je vois aussi ce qui me manquait quand j’habitais à Siem Reap. Donc avec pour seule envie l’envie de partager, c’est parti !

 Les 8 choses qui m’ont le plus manqué au Cambodge 

1. L’EAU DU ROBINET


Boire de l’eau, c’est la vie (captain obvious). Alors quand l’eau du robinet n’est pas potable, généralement on achète de l’eau en bouteille. Et quand on veut faire des économies de plastique, on achète des bonbonnes de 20L. Sauf que les 20L, faut les transporter (sur le porte bagage du vélo), et quand c’est vide il faut aller en racheter. En espérant qu’il n’y ait pas de rupture de stock. Ou que la pharmacie ne soit pas fermée. Et surtout, ne pas oublier. 
Ce qui a pu donner lieu à plusieurs retours de soirées arrosées, par 40 degrés, arrivant à la maison sans une goutte d’eau à boire. STRESS. Alors oui il y a les pastilles, mais il faut attendre deux heures. Et oui on peut la faire bouillir, mais il faut attendre que l’eau refroidisse (et par 40 degré, ça prend pas mal de temps). 
Bref, la première chose que j’ai fait en arrivant à Paris, dans l’aéroport, avant même de récupérer ma valise, a été de courir dans les toilettes et de boire l’eau du robinet. J’en pleurais presque. Alors certes, on ne gaspille pas, mais quand même, l’eau au robinet, c’est du luxe.

2. Ma famille, mes amis

Forcément. Surtout qu’à part avec ma mère, je ne suis pas du genre à « skyper » ou à raconter ma vie sur messenger.
Alors au retour, c’est les grandes retrouvailles, les soirées, les larmes parfois. Il faut toutefois observer une chose: après une année, ou plus, à l’étranger (pratiquement deux ans pour moi, parfois sans revoir sur ces deux années des amis très proches), on change, et les autres aussi. On ne retrouve pas les gens comme on les laisse, et ce n’est pas toujours facile à vivre…

3. Dormir avec une couette

Quel plaisir en rentrant que de se glisser dans les draps et sous la couette (en septembre sous 25 degrés, sisi). Chose basique et bête, mais dormir en ayant « froid » m’avait manqué. Sous la chaleur du Cambodge on dort plus souvent avec un draps et un ventilateur. Et il fait encore chaud. (Bon ceci dit, passé 4 mois je dormais avec mon duvet plutôt que le drap, car je m’étais habituée à la chaleur, mais on était loin de la sensation confortable d’une couette dans laquelle on s’enroule :3 ). 
Bon après, il y a quand même des avantages à avoir chaud (dans une ville à touriste)…

#Pépouze

4. Le cinéma, les sorties 

Pas que j’aille particulièrement souvent au cinéma, mais cela reste quelque chose que j’apprécie beaucoup, surtout quand un film m’attire particulièrement (le cinéma est de plus en plus cher… et je ne peux malheureusement plus profiter des tarifs étudiants, ou moins de 25 ans maintenant).
Alors on s’organise des projections, on regarde sur internet (légalement bien sur…). Forcément quand un cinéma a ouvert à Siem Reap c’était la folie (pas très très longtemps avant de rentrer puisqu’il a ouvert en juin, et que je suis rentrée en Septembre) !! Il fallait juste se faire à la salle climatisée (un peu comme tous les bus et endroits fermés d’Asie du Sud Est, il fait 40 degrés dehors et 10 degrés dedans), mais vraiment c’était cool.

Les sorties en général manquent aussi. Finalement, on fait assez vite le tour des sorties possibles sur la ville. Et même si je viens sud, et que j’aime bien l’apéro, à la longue, on aimerait parfois faire des choses qui sortent un peu de l’ordinaire… (Mais finalement, vivre à Frontignan, où je suis actuellement, c’est pire, donc on se fait à tout!).

5. Le train

Oui il y a des trucs tellement bêtes que l’on y pense pas. Je suis une grande habituée des transports en commun (#écologie #économie #jenaipasdevoiture) et je prends assez souvent le train. J’aime beaucoup regarder les paysages par la fenêtre, observer les gens (plus ou moins discrètement d’ailleurs), dormir (beaucoup), attendre sur les quais… Je sais pas pourquoi mais j’aime bien ces moments. Puis le train ça annonce un voyage ou un weekend, ou un rendez-vous professionnel, dans tous les cas quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire.

Au Cambodge il n’y a pas de train. Pas de gare. Il y a des bus, et prendre le bus est une réelle aventure, et des avions (et là c’est plus habituel). Et c’est différent. On prend moins de temps pour se poser, pour observer… Et les trajets sur route sont beaucoup moins calmes !!

Je ne rate pas l’occasion de vous montrer le train touristique du Cambodge: le Bamboo train (au cas où vous n’auriez pas compris qu’il y a des bambous partout et que le bambou c’est la vie!):

(Oui c’est simplement un cadre en bois, recouvert de bambous sur rails). 

6. Les spécialités régionales et la bière

Pas que j’en consomme énormément, mais je suis une grande amatrice de bière. Boire une Chouffe à mon retour fut… magique ! (Et ma tête a tourné, puisque la Angkor Beer, c’est un peu de l’eau). Et je ne vous parle même pas de la Kastel Red ! Toutefois, la 1664 blanche brassée à Sihanoukville est très très bonne (et elle m’est apparue bien meilleure au Cambodge qu’en France). 
Concernant les spécialités régionales, ce fut un réel plaisir de voir que ma mère avait réussi à conserver dans sa valise une tielle lors de sa venue, et ce juste magique de la manger au Cambodge. Pour information, la tielle c’est une tourte au poulpe, seiche, …. légèrement piquante qui vient de chez moi. Avec un petit verre de vin blanc, à faire goûter à ma coloc’ australienne, amatrice de vin. 
Au final, c’est un peu la maison qui nous manque… 

7. L’absence de bestioles

En grande arachnophobe, c’est toujours une épreuve pour moi de me retrouver avec des araignées dans ma chambre. Dans ma salle de classe. Ou dans ma salle de bain. Je n’en ai pas eu beaucoup au Cambodge (bien moins qu’aux Philippines), mais elle ont réellement rivalisé en taille avec tout ce que j’avais vu avant. En panique, j’ai malheureusement adopté une technique de survie pas forcément très saine (je fais appel à mes amis insecticides, et j’appelle ma mère).
Outre les araignées, on trouve aussi toute sorte de choses volants, rampantes (coucou les cafards – qui me suivent depuis la Roumanie apparemment). Au début, on ne les voit pas. Puis quand on en aperçoit une, impossible de plus les voir. Pas de quoi gâcher un voyage (clairement, nos « standards » changent par rapport à notre pays d’origine), mais quand même quelques nuits.

Pour conjurer le sort, j’ai mangé une tarentule ! (Et des larves, des guêpes, des criquets, des fourmis…):

8. Les chaussures à talons, les cheveux longs et soyeux et les habits blancs

Plus largement, c’est l’idée de la tenue complète. Bien sur, j’ai eu quelques soirées où j’ai pu sortir une jolie robe, et je n’ai pas passé mon année en sarouel, mais la chaleur, l’humidité, et la poussière, font que l’on a pas toujours envie de faire de grands efforts (boite de nuit: jean / tshirt, simplement). La moitié de l’année il faut trop chaud pour s’habiller, et le reste de l’année il pleut.  
Finalement, l’idée d’être « propre et frais » manque beaucoup. Il faut chaud TOUT LE TEMPS. Même sous l’eau froide dans ta douche, il y a de la buée (pour de vrai). Dans cette situation, difficile parfois de se trouver « jolie », l’estime de soi peut en prendre un petit coup. 
Pour l’anecdote, les coiffeurs Khmer n’ont pas voulu me couper les cheveux, car ils étaient longs, frisés et blonds (très différents donc des cheveux asiatiques). Maintenant ils sont châtains foncés et à peine ondulés, j’aurais plus de chance ! ^^
Tout ce qui « manque » fait partie des choses qui rendent le retour assez épiques: on rentre pour manger plein de raclettes, dormir sous la couette après avoir bu quelques bières avec ses potes…(en réalité, on enchaîne aussi beaucoup les rendez-vous médicaux, qu’on ne peut avoir sur place !! Une dernière chose qui manque, et qui crée une réelle angoisse parfois: les hôpitaux et les soins spécialisés; avec des accidents de la route très courants, on y pense forcément…). 

 Les 8 choses qui me manquent maintenant que je suis revenue 

1. La langue

Alors là, c’est très bête, pourtant, si vous vous aventurez près de la maison de mes parents, vous pourrez entendre certains classiques khmers par la fenêtre. Outre les souvenirs mémorables de soirées/fêtes, entendre la langue khmère me manque.

Je m’en doutais bien, j’ai eu la même sensation en rentrant de Roumanie. Et puis on oublie peu à peu… J’ai presque pleuré à mon dernier « Orkun » (merci) à l’aéroport !

Pour la peine, un grand classique: Chnam Oun Dop Pram Moy, où « J’ai 16 ans ».

2. Les gens

Forcément, notre famille nous manque quand on part. Mais les gens qui sont devenus comme une famille sur place nous manquent au retour. En plus, je ne suis toujours pas à l’aise avec la communication « Facebook » et j’ai du mal à demander/donner des nouvelles, même si j’aimerais bien en avoir. Par chance, il y a beaucoup de photos sur mon fil d’actu pour me tenir à jour, et revoir ces visages qui me manquent. Alors c’est évidemment avec les cambodgiens que c’est le plus difficile. Mais tous les expatriés que l’on rencontre et avec qui on vit pendant toute une année nous manquent aussi (il est juste beaucoup plus facile de les revoir!). C’est un gros vide au retour. Qui ne sera jamais vraiment comblé. (Et dites vous qu’à chaque voyage, à chaque retour, c’est la même chose).

3. L’ambiance générale

Il faut reconnaître qu’il y avait une certaine ambiance au Cambodge.

C’est difficile de revenir en France où la pause n’est que peu autorisée, où tout doit aller vite, et s’enchaîner. Même dans le sud. Il y a en Asie une certaine façon d’envisager la vie qui permet de prendre plus de recul, de prendre le temps et de mieux relativiser. C’est une grande leçon à se rappeler dans les moments difficiles (genre, quand on cherche un travail depuis 6 mois).

4. Les gâteaux du Coffee Shop

L’association où je travaillais (l’Ecole du Bayon) possède un Coffee Shop à Siem Reap. Les meilleures tartes au citron DE MA VIE. C’est simple, j’y prenais le petit déjeuner tous les jours. J’étais tellement accro, j’y passais même mes dimanches. En plus, on y croise toujours les élèves. Ce Coffee Shop c’est mon repère. J’aimais passer du temps à boire une caramel latte, en goûtant tous les gâteaux fabriqués par les filles, en discutant avec les autres personnes de l’association. Un lieu à aller voir. Vraiment.

5. Les plats locaux et moins locaux

Un chicken Satay. Un amok. Et un loklak. ASAP ! (J’ai essayé de les refaire chez moi: ECHEC).
Et pour les petites habitudes: une soupe, une ceasar salad, un chicken caesar wrap, un homemade ice tea, un caramel latte, une fruit salad, with yoghurt, with honey, un fried rice, une pina colada et un pinnapple rhum cocktail. Merci.

6. Mon vélo

Mon moyen de transport de tous les jours. Avec ses roues crevées à réparer toutes les semaines, ce qui me donnait l’occasion de dire la phrase la plus compliquée que je connaissais en Khmer. Certains vous parlerons de leur moto, mais moi la moto… pour la faire courte, j’ai eu du mal.

7. Les fruits

Mangues, Ananas… Les médecins vous diront de ne pas manger les fruits en Asie, de vérifier qu’ils soient bien lavés… Mais franchement, si vous vous privez des fruits, vous ratez clairement une chose exceptionnelle ! Du goût, juteux, en salade ou seuls, les fruits c’est le paradis (rien que ça). Alors certes on fait toujours un peu attention à ce qu’on mange et où quand on voyage, mais ne vous privez pas de fruits. 
N’évitez pas non plus les « bouis-bouis » sur la route. Avec les chaises en plastique rouges autour des grandes tables communes. Finalement, ce sera peut-être (surement) là que vous mangerez les meilleures spécialités.

8. La découverte

Finalement, c’est l’ambiance générale qui me manque. Celle de toujours apprendre et toujours découvrir. Même si je pars du principe que l’on apprend toujours et que chaque jour apporte son lot de découverte où que l’on soit, il faut reconnaître qu’au Cambodge j’étais en apprentissage permanent. Que ce soit au niveau de la culture, de la langue, des autres ou de moi-même. Et ça me manque terriblement.

Parmi mes meilleurs souvenirs, il y a le nouvel an khmer, que j’ai passé avec deux autres volontaires à faire un tour du Cambodge. Nous avons fait du canoë sur une forêt flottante du Mékong, dormi dans des villages, et fêté la nouvelle année dans une Pagode dans un village. Des gens qui ne nous connaissaient pas nous ont accueillies, chez eux. Ils nous ont fait à manger, nous ont invité à danser, et ont fait la fête avec nous. Ils ont partagé une partie de leur vie avec nous.

Après je ne vais pas mentir, j’ai bien profité de toutes les choses faites pour les touristes, des prix bas aux piscines, en passant par les pubs, bars, soirées et autres sorties en tout genre. J’ai pu profiter de beaux hôtels pendant mes voyages, et même parfois avec la clim’ (c’était la folie). Mais aujourd’hui, avec le recul, je me dis que j’aimerais bien repartir de façon plus « intégrée », plus proche des gens, dans des petites villes. A voir si cela devient possible.

C’est tout un pays qui m’a accueilli pendant un an. Et c’est un très beau pays que je vous conseille d’aller visiter !

Bénédiction « petite eaux » à la Pagode de l’école. Sept. 2014.

Mais surtout une chose qui ne me manque absolument pas, et que je suis extrêmement ravie d’avoir quittée (mais qui ne m’empêchera pas de repartir): 
Notez ma progression fulgurante sous Illustrator ! Voilà ! Ce sera tout (mais c’est déjà pas mal) pour le moment ! 
Et vous qu’est-ce qui vous manque lors de votre départ ou retour ?