#HISTOIRESEXPATRIÉES 16 | Un mot, une expression: MORA MORA

Cet article est une participation au RDV #HistoiresExpatriées, créé par mon amie Lucie du blog: L’occhio di Lucie!

Ce mois ci, un thème original qui a été proposé par Patrick du blog « FromSlo« : « Un mot, une expression de votre pays d’adoption ». J’ai hésité un moment entre un article sur l’utilisation de « Bong » et « Bongsrey » au Cambodge (littéralement « frère » et « sœur »), mais je suis partie sur une expression très utilisée à Mada (même si je suis rentrée il y a peu):
RDV sur le blog de Patrick pour découvrir les participations des autres blogueurs sur ce thème !

MORA MORA ! 

Mora Mora (prononcez « mouramourrr »), est une expression Malagasy que l’on pourrait traduire par « mmmmmh Relax » ou « Prends ton teeeeemps ». Car oui, si vous partez sur la grande île, il va falloir apprendre la patience ! Ce n’est pas le premier pays où je rencontre une expression ayant littéralement trait au fait qu’il faille relativiser et que les choses finiront bien par arriver (phrase souvent complétée du « Si Dieu le veut »), et c’était d’ailleurs dans un autre pays très catholique: les Philippines et le « Bahala Na » (« ce qui doit arriver, arrivera » – même si c’est ici bien plus fataliste qu’à Mada).

Mora Mora sur la plage – Chez Marceline (j’avoue, je veux bien prendre le temps 😉 )

C’est quand le Mora Mora ? 

Le Mora Mora sera utile dans tous vos aspects de la vie Malagasy: à l’arrivée à la douane à l’aéroport, pour circuler dans l’aéroport, pour franchir à nouveau la douane sur les départ internationaux, pour vos papiers (qui a attendu trois mois sa carte de résident ? – Et donc sans passeport sur place ? ^^ ), pour vos démarches, pour vos déplacement en ville (en tout cas sur Tana, les bouchons du matin et du soir sont impressionnants), pour vos déplacements sur le territoire (si votre avion décolle à 7h30, vous passerez le dernier contrôle à 7h25 tranquille – Attention ! Cette information n’est pas contractuelle !), je ne vous parle même pas des bus et autres taxi brousse (que je n’ai jamais pris, mais même pour faire quelques kilomètres, par exemple entre 30 et 40 environ pour rejoindre Lokaro – prononcer « loukar », il vous faudra au minimum 2h de voiture; ou encore près d’une heure pour rejoindre le domaine de la cascade, à … 9km de la ville) !

Dans tous les aspects de votre vie, il vous faudra être patient et laisser les choses se faire ! J’ai trouvé une super bottine en fripe vers le mois de juillet, la deuxième chaussure n’aura jamais été retrouvée:

Il vous faudra beaucoup de patience pour trouver chaussure à votre pied!

Et dans la vie pro ? 

Si il est facile de s’adapter au Mora Mora dans « la vie quotidienne », la vie qui n’est pas « pressée », ou pendant ses vacances (enfin sauf quand il s’agit d’avions annulés ou retardés), un domaine qui m’a un peu plus perturbée est le domaine professionnel ! Oui même là, la culture du Mora Mora est bien présente !
C’est peut être ce que j’ai le plus appris avec l’expatriation, et cela dans tous les pays où je suis allée: prendre du recul, relativiser et laisser faire le temps. Pourtant dans le domaine pro je suis plus « faut que ça bouge » ! Du coup, ce n’est pas toujours facile de s’adapter…Il faut se faire à l’idée que les choses se font au dernier moment, que les événements où nous sommes convoqués à 8h ne commenceront pas avant 10h, que les réunions ou rendez-vous seront souvent en retard… Et évidemment il faut aussi s’adapter à cela quand on organise soi même quelque chose (et donc, toujours prévoir que le public sera en retard).
C’est toujours une adaptation difficile, même si à Taolagnaro, on peut apprécier la beauté du paysage en attendant son rendez vous pro en bord de plage !

Ne pas se presser sur la route, priorité pour les oies aujourd’hui ! 

L’art de la patience

Finalement, le Mora Mora, quand on sait l’apprécier, nous apprend beaucoup, dans un pays où très peu de personnes ont accès à l’eau, et doivent donc patienter (beaucoup !) aux fontaines pour remplir leurs bidons, où tout aussi peu de personnes ont accès à l’électricité, et doivent parfois remettre certaines tâches au lendemain une fois la nuit tombée (tous les soirs à 18h), et même avec de l’électricité, parfois apprendre à attendre qu’elle revienne vu les nombreuses coupures…

Etant de nature assez patiente, je pense qu’aujourd’hui c’est un luxe de pouvoir apprécier le temps qui passe ! Et bien sur, toujours avec le sourire 😉

Et vous, vous êtes patients ? Avez vous déjà rencontré des situations similaires lors de vos voyages ? N’hésitez pas à en parler en commentaire !

A bientôt !

 

Madagascar: weekend pascal, conduite et coup de soleil

Bon, j’ai vraiment pas eu une journée à moi. Donc j’ai plein de croquis dans mon carnet, mais peu de temps pour encrer et colorier le tout… C’est donc 3 mois après avoir dessiné cette histoire que je la poste ! Cela fait maintenant 5 mois que je suis arrivée sur la grande île!
(Désolée pour les couleurs un peu fadasse, voir le manque de couleurs sur les paysages… mes crayons prennent beaucoup trop cher si je colorise version « appuyé »… donc ça rend sur le papier, mais au scanner, ça veut pas !)

Encore merci à Anja et sa famille 😉 
A bientôt les amis ! 

Madagascar, Arrivée à Tolagnaro !

Dans les précédentes pages de mon carnet je vous racontais ma semaine à Tana, avant le départ pour Tolagnaro (Fort-Dauphin). Voici donc mon arrivée dans cette petite ville du sud de Mada ! C’était le 16 février dernier, ça commence donc à dater !

Ça fait maintenant 2 mois que je suis là ! :O je réalise à peine !! J’avais dit que la suite était dessinée et je n’ai pas menti, je n’ai juste pas eu une seconde pour moi depuis 2 mois !

C’est parti !

(Sublime: le paysage, pas le dessin)

Et voilà pour cette arrivée à Tolagnaro ! 
Bon j’ai eu quelques soucis avec la numérisation, certaines couleurs (gris clair ou rose) ne ressortent pas :/ . Énigme à résoudre ! J’ai aussi beaucoup plus « appuyé » avec les crayons… en vrai je crois que mes feutres me manquent ! Je ne sais même plus si ils sont restés en France ou si ils sont dans mes cantines… Il faudra que je vous raconte la fabuleuse histoire de mes cantines !!!!
Mais dans les prochaines pages, on se retrouve pour ma première escapade lors du weekend de Pâques ! 
Je vais essayer de lancer une petite série aussi, des « petits désagréments » et des « petites joies » de la vie à Mada, avec des dessins d’une seule page, très courts ! (Quelques dessins sont déjà crayonnés mais je ne suis pas sure du format…). Dites moi si ça vous intéresse dans les commentaires ! 😉 

Madagascar, impressions et découvertes

J’aurais pu appeler cet article « Faune et Flore de Madagascar », mais comme je parle également de voitures et de foie gras… Voici donc la suite de ma semaine à Tana, où je vais découvrir de nouvelles choses dans divers domaines!
Pour la petite info, je n’ai pas encore vu de Lémuriens, ni les tortues (oui j’ai oublié de finir de colorier la carapace…), mais j’ai bien vu tout le reste ! (Parfois même un peu trop !!!).

Voilà donc pour cette première semaine en terre Malgache. La suite se passera donc sur la petite ville isolée de Fort Dauphin, où je vis depuis maintenant près d’un mois ! La suite est déjà dessinée, elle devrait donc arriver assez vite ! 
Pour la petite histoire, je me suis aussi battue avec deux spécimens d’araignées bien grosses et bien dégueues… les « babouk » (et j’ai maintenant l’impression qu’elles sont partout… et je vais continuer de croire que ce n’est qu’une impression). Je vous laisse chercher ça sur google ! 😉 (Et je faisais vraiment vraiment vraiment pas la maline, mais j’ai réussi à ne pas appeler ma mère, même si j’avais du soutien online :*)! 

Nouvelle étape : Madagascar

Presque 3 ans après être rentrée du Cambodge, et après deux années en France (plus ou moins compliquées, mais j’y reviendrai surement dans un prochain article, sur le retour, les ambitions, et les changements de perspectives…), j’ai appris en décembre dernier que ma prochaine destination serait Madagascar. Plus exactement Tolagnaro, ou Fort-Dauphin.

Nouveau boulot, nouvelle vie, nouvelle culture, nouvelle langue, nouvelles rencontres !

Cela fait déjà 3 semaines depuis que je suis partie de Paris ! Ma première étape fut une semaine à Tana (de son nom complet Antananarivo), pour formation. Voici donc la première partie de cette semaine, dessinée dans mon carnet de voyage ! (Je n’ai pas de scanner assez grand pour faire deux pages par deux pages, comme pour le Cambodge, et les photos ne rendent pas trop les couleurs, alors ce sera une par une 😉 )

Petit rectificatif: j’ai vu par la suite, deux aéroports encore plus petits que les Seychelles ! :p 
Et voilà pour ces premières impressions dans la capitale! Et surement à bientôt pour la suite ! (Pour une fois que je dessine le « commencement » !!! ) ! N’hésitez pas à poser des questions en commentaire 😉 
Et pour voir des photos (avec des araignées et des caméléons), rendez-vous sur Instagram !

Bienvenue au Cambodge

Voilà donc un peu plus d’un mois que j’ai (encore) changé de pays. Je passerais donc l’année 2014-2015 à Siem Reap, Cambodge. La ville est connue mondialement pour ses temples: les temples d’Angkor.  On peut en voir l’extérieur sur la photo au dessus. Exceptionnellement ce jour là, l’entrée était envahie de robes oranges, de moines donc, plutôt que de touristes. Je n’ai pas encore été visiter les temples, mais ils se trouvent sur mon trajet quand je vais travailler à l’école. 
Il y a pire comme trajet, non ?
Alors , je vais parler aujourd’hui de mes premières impressions. 
La vie au Cambodge est vraiment rude (mode ironie ON): je peux me faire masser et manucurer pratiquement toutes les semaines, d’ailleurs j’en sors là, je mange les délicieux gâteaux faits par les élèves de l’école de pâtisserie montée par mon Asso, et je peux me permettre de manger souvent à l’extérieur… Bon après, il faut aussi compenser les excès de tartes au citron, et je suis donc depuis peu des séances de kickboxing. 
Je découvre les spécialités culinaires, dont on reparlera plus précisément, la vie, la culture… je passe environ 80% de mon temps pieds-nus, vu que l’on doit enlever ses chaussures avant de rentrer dans un bâtiment-maison, mais j’ai tout de même réussi à ruiner mes deux paires de chaussures…
Jour de rentrée: contraste entre les habits traditionnels colorés et les uniformes scolaires.
 
Que dire de Siem Reap ? Une petite ville en taille, que je trouve déjà envahie par les touristes alors que nous sommes encore en basse saison (d’ailleurs, étonnée par l’absence de grosses pluie, la saison des pluies a été assez sèche ici). La ville est assez sale et polluée, il faut bien le reconnaitre. Et recèle parfois d’odeurs plutôt surprenantes. Mais sinon la vie ici est assez plaisante. J’ai réussi à trouver une petite maison dans le centre, que je partage avec une australienne très sympa depuis maintenant quelques semaines (et j’ai finalement l’eau chaude, que demande le peuple ?). 
Je suis devenue une Lady, puisque à chaque mètre un tuktuk driver crie « tuktuk Lady ? », ou « motorbike Lady ? », ce qui me sert très peu pour le moment. J’ai trouvé mon tuktuk driver pour me rendre à l’école en négociant un prix sympa tous les vendredis, et il me sert même de traducteur si besoin, vu que je n’ai pas encore commencé le Khmer (mais il faut absolument que je m’y attèle). Je blague aussi un peu avec les tuktuk driver de mon trajet pour aller au bureau, puisque je les croise tous les jours et que je marche tous les jours. Je suis même allée boire quelques bières avec l’un d’eux un soir (mais ça c’est une autre histoire). D’ailleurs, le tuktuk Khmer est bien plus agréable que le tuktuk Philippin !
 

Le tuktuk (tricycle) Philippin VS le tuktuk Khmer (dessous)

 

Spacieux, confortable… Parfait pour transport 12kg de peinture vers l’école ! ©Ronal Tagra

Niveau alimentaire, je commence à avoir mes petites préférences de restaurants et de saveur dans la ville (on en reparle bientôt), mais il faut reconnaitre que je mange beaucoup de riz. D’ailleurs, manger en Khmer se dit nyam bai, ce qui signifie littéralement « manger du riz ». 
Amok © Dion Hinchcliffe
 
Je ne prends pas beaucoup de photos en ville, mais je vais m’y mettre. J’ai déjà quelques vidéos de mes trajets pour aller à l’école que j’essaierai de poster ici après avoir pu faire un petit montage. Je vais essayer de visiter les temples dans les prochaines semaines aussi. 
 

Ma rue, dans la chaleur écrasante du midi.

Niveau soirée, je dois reconnaitre que la bière Khmère ne change pas beaucoup de la bière roumaine. Par contre après être allée en boite de nuit, il faut reconnaitre que l’ambiance est totalement différente (du moins du côté local, puisque les expats avaient une entrée spéciale là où je suis allée). Sinon, je commence à m’améliorer au billard et au poker. 
Voilà, pas beaucoup plus de choses à dire en vrac, je vais essayer de regrouper mes articles dans les prochains mois et de les concentrer sur un sujet précis (si j’arrive à m’y tenir… parce que pour le moment, sans internet chez moi c’est encore assez compliqué). Côté clichés avant arrivée qui ne se sont pas réalisés : je n’ai pas encore pris de coup de soleil, je n’ai croisé qu’une araignée hors norme et en dehors de la ville, je n’ai pas encore testé les tarentules grillées d’ailleurs (mais j’ai promis), si je reste un repas sympa pour les moustiques je ne me fais pas dévorer non plus, ah et je n’ai pas réussi à conduire une moto (non j’ai préféré me prendre un murjesuisunbouletbonjour). Mais je vais peut-être recommencer à m’entrainer. 
Voilà, sinon je pars fêter le Water festival et mon anniversaire dans un endroit ma foi sympathique :
C’est là.
Koh Rong Samloen © Pip Cowley Photography
 
Pas de téléphone, pas d’internet. Juste du repos, de la plage, et de nice personnes pour passer le temps. 
A bientôt !
Xx

It’s time to start something new…

[Article rédigé dans le Ouigo qui m’amenait à Paris. Et publié à Ho Chi Minh Ville – Vietnam]

Voilà donc environ trois mois que la Roumanie, c’est fini. Le mois de septembre a été très chargé en nouveautés. Tout d’abord, j’ai trouvé du « travail ». Un service civique plus exactement. Pour un an. Au Cambodge. Voilà. Ensuite j’ai dû monter à Paris pour formation, puis j’en ai profité pour rester dans la capitale avant de retourner sur l’île italienne. 

C’était donc les 21 et 22 septembre dernier. Sur le Lido tout d’abord, que je suis retournée pour ma soutenance de mémoire. Un moment stressant, mais obligatoire (et finalement pas si terrible malgré quelques « ratés »). Ce fut également le moment d’un retour au kioske, LE kioske, pour un Spritz une bière fêter ça (non malheureusement ce breuvage italien reste trop amer pour moi). Après une petite sieste, ce fut la dernière soirée que je passais avec le statut d’étudiante. Ce fut bref, mais intense.

Scuola Grande Di San Rocco
Après une courte nuit, départ pour la Scuola Grande Di San Rocco, sur Venise, pour la « Graduation Ceremony E.MA 2013-2014 ». Si j’y avais assisté l’année dernière, je n’avais pas compris l’émotion que l’on pouvait y ressentir. Monter les marches était déjà en soi une expérience. Voir les professeurs entrer dans leurs robes (et certaines bien marrantes il faut l’avouer) et s’installer sur l’estrade. La musique classique. Les discours de nos « student representatives » qui nous ont fait rire, pleurer, rendu nostalgiques et plein d’espoirs. Le discours de notre directeur de promo’, la voix tremblotante. Et les noms de mes camarades qui se suivent pour aller chercher les diplômes. Quand le mien arrive, mes jambes tremblent, je me demande si je vais tenir sur mes talons où m’étaler tout du long dans l’allée. Je récupère mon diplôme avec un sourire crispé (du coup je ne languis pas de recevoir la photo…). Je retourne m’asseoir en prenant connaissance de mes notes. Et je me dis que ça y est, la vie d’étudiante est finie pour moi (avant de partir en thèse, mais ce n’est clairement pas à l’ordre du jour).

We dit it ! 
J’avais tout préparé pour ce jour là. La robe, les talons, le maquillage. Je n’avais pas prévu que ce dernier weekend me donnerait un aussi grand coup sur le cœur. Pourtant, le semestre vénitien avait été assez difficile pour moi : premier départ loin de chez moi pour une durée plus longue qu’un simple été. Premier semestre entièrement en anglais, dans un domaine qui ne représente pas moins que ce que j’aimerais faire pour le reste de ma vie professionnelle. Avec des gens magnifiques et tellement impressionnants que je me suis parfois demandée ce que je faisais là.

Après il y a eu Bucarest, la rédaction du mémoire, la vraie vie d’étudiante. Les gens que j’ai rencontré là-bas, auxquels je me beaucoup attaché, avec qui j’ai voyagé, ris et dansé. Encore de magnifiques personnes, mais j’avais tiré des enseignements du premier semestre (comme « arrête de te prendre la tête ») qui m’ont permis de trouver ma place, et de vivre pleinement cette expérience à l’étranger. J’en étais partie les larmes aux yeux, réalisant que ma vie d’étudiante venait de prendre fin. J’avais pris l’avion. Et je suis retournée « chez moi ». Enfin chez ma mère. Après cette année j’ai un peu l’impression d’avoir un peu perdu ma maison, qui se trouve maintenant un peu partout, mais nous en avons déjà parlé.


Et malgré tout cela, l’émotion a pris le dessus, et j’ai versé ma larmette. Toutes les personnes que j’ai rencontrées cette année m’ont appris quelque chose. Et je suis heureuse de les avoir rencontrées. Je ne regrette rien, et je continue d’espérer que nos chemins se croisent à nouveau. 
Et voilà qu’il est déjà l’heure du départ. Reprendre une dernière fois le bateau, l’avion, et enchaîner trois trains pour rentrer (18 heures de voyage tout de même – oui j’ai un peu subi la grève). Rentrer. Mais pas le temps de se poser, car c’est à nouveau l’heure de partir.


Me voici donc en train d’écrire ces lignes en partance pour le Cambodge. Pour un an. Oui je me répète, mais je crois que je ne réalise pas encore. J’ai laissé ma maman sur le quai de la gare il y a maintenant quelques heures, et j’ai le cœur lourd. Je n’ai pas pu dire au revoir à mes amis vénitiens, je suis partie trop tôt. Je n’ai pas pu dire au revoir à mes amis près de chez moi, j’ai enchaîné rendez-vous et préparation de la valise en une journée à cause des retards de transport. Je vais encore voir quelques amis sur Paris, avant de me diriger à l’aéroport Paris Charles de Gaulle une dernière fois avant un an. 12 mois. 365 jours(voire un peu plus). Bon je vais peut-être y rester plus longtemps que prévu, mon avion ayant encore été annulé, et n’ayant pas de solution de replis. Mais tout de même. Le départ se fait sentir, et je ne sais pas réellement ce que je vais trouver de l’autre côté du continent Eurasiatique. Je sais que l’expérience sera encore tellement enrichissante que je ne peux rien imaginer pour le moment. Je sais que je vais connaître des petites galères qui feront les bonnes histoires de mon retour. Je sais que j’arrive dans un pays avec une culture tellement différente de la mienne que je vais perdre mes repères. J’espère aussi en trouver de nouveaux. Et je pleurerai à l’aéroport dans un an. C’est certain (oui parce qu’en plus je suis une grosse pleureuse – si je vous dis le Roi Lion ? Titanic ? Personne ?).

Alors c’est parti ! Continuons l’expérience. Après ce mois de voyage, d’émotions, de départs, il est temps qu’il y ait une arrivée

Bucarest, Premières impressions…

Piata Universitate.

Voilà donc un petit plus de deux semaines que je suis arrivée dans la capitale Roumaine. J’ai pu me balader, observer (mais je n’ai pas souvent sorti mon appareil photo malheureusement). Alors voici 5 choses que j’ai pu apprendre en quelques jours sur la Roumanie…

5- Party Time !

Je n’ai pas trop l’habitude de sortir en boite. Je ne suis pas vraiment une party-girl. Mais ici, en restant avec la communauté Erasmus, on va dire que je m’y habitue. Déjà parce que les clubs sont sympas. De bonnes ambiances, des gros mélanges (passer du Blink-182, à du Stromae, en passant par tous les « hits » du moment). Et ça c’est cool. En fait, je rattrape le fait que je n’avais pas fait d’Erasmus. 
Ensuite les prix. Bah oui, faut dire que vous pouvez dépenser 20€ dans votre soirée et ne plus vous en rappeler. Du TOUT. Dernier exemple en date: 12 Lei le Cuba Libre, soit environ 2,50€. 
Quic’estquiveutêtrebourré
Et les doses ne sont pas les mêmes, exemple: 
(Pas de scanner, pas de taille crayon, pas de gomme = bonjour la qualité de merde).
(Nota: l’absinthe en Roumanie, c’est légal – enfin, on en trouve dans la liste des shots: 
La carte du Kulturhaus.
Bref, les noms « Kulturhaus« , « Expirat », « Commandante », et « El Dictator » font désormais partie intégrale de mes plannings de weekend (qui commencent le jeudi soir les amis). Y’en a surement d’autres, mais honnêtement, j’oublie vite le nom (et les adresses). Ce soir je vais même (normalement) voir 2 Many Dj’s entre autre, en concert (pour la modique somme de 9€ – quand il faut compter une trentaine d’euros pour le concert de la semaine prochaine en Irlande). 
Evidemment, on boit avec MODERATION… 
4 – Taxi Invasion
On croise beaucoup de taxis dans Bucharest. Avec un prix de 1,39Lei/km, certains vous diront même de prendre le taxi pour aller faire vos courses. Le dernier métro passant aux alentours de 22 – 23h, le taxi c’est LA solution pour rentrer de vos soirées (où vous y rendre / où aller en cours, si vous êtes en retard). C’est pas cher, c’est pratique. Bref voilà une chose qui change… (Et que j’avais déjà pu expérimenter au Kosovo). 
3 – Admi-quoi? Ah administration…
Deux semaines que je suis ici, et toujours pas d’inscription officielle à l’Université. Déjà parce que je suis « E.MA student » et donc pas en Erasmus, je ne peux donc pas suivre les procédures habituelles des étudiants en échanges (même si ceux qui sont arrivés en même temps que moi ne sont pas inscrits non plus). Même chose pour les conventions bilatérales. J’ai donc du prendre une photo de l’affiche de promotion de mon master que l’on trouve dans les couloirs de l’université pour faire comprendre aux gens d’où je venais. Sinon les bureaux sont ouverts de 12h à 14h, mais y’a rarement du monde. Du coup c’est un peu la guerre pour obtenir enfin ma « student card » qui me permettra d’avoir les réductions étudiantes ensuite… J’ai rendez vous lundi prochain, je garde espoir.
E.MA, Your next master degree! 
Si vous êtes étudiants à Bucharest, je vous conseille également d’aller faire un tour à la bibliothèque centrale, qui elle par contre suit une procédure stricte. Pour le coup, il faut franchir un portique, aller chercher une carte magnétique, une carte verte (dont je n’ai pas encore compris l’utilité), re-franchir le portique, poser vos affaires dans un casier, re-passer par le portique, passer les cartes pour ouvrir la porte (un par un s’il vous plait), aller demander les livres à un bureau, 3 par 3, si on met plus de 15 minutes à les apporter vous pouvez vous plaindre. Comptez environ 45 minutes avant d’avoir un livre en main. Déjà l’heure de faire une pose clope…. Evidemment, les livres ne sont pas disponibles à l’emprunt (mais au moins le bâtiment est sympa)… 

2 – Romanian Time !

En Italie on avait l’Italian Time, et cela se rapproche assez du « temps roumain ». On va dire qu’il faut compter un quart-d’heure réglementaire avant le début du cours (au moins – enlevez le même quart d’heure à l’heure prévue pour la fin du cours). Quand vous devez patienter 5 minutes, comptez en 15 (par exemple pour visiter la bibliothèque). 
Bon évidemment on est encore loin du « Filipino Time », expérimenté aux Philippines, et qui ne se compte plus en quart d’heures, mais en heures, voire en journées. 
Une bonne école de la patience en somme.  
1 – NE PAS TRAVERSER AU FEU ROUGE !
Oui alors les feux piétons ici, c’est sacré. Enfin, si vous tenez à votre vie. Il y a bien des panneaux pour limiter la vitesse, mais bon… Aussi, je crois avoir remarqué que pas mal de taxis prennent l’initiative de passer même si le feu est rouge. Alors bon on s’entasse sur les bords des trottoirs avant de pouvoir traverser, et on ATTEND. Et c’est LONG. Si, si. Pour aller de chez moi à la station de métro, environ 200 mètres à vol d’oiseau, il me faut presque 8 minutes. Donc 4 à attendre que le feu passe au vert. Si si. Parce que les feux passent au vert, certes, mais pour un temps très court. Ne soyez donc pas étonnés de voir le feu commencer à clignoter alors que vous êtes au milieu de la route. Il faut marcher vite (ou attendre 5 minutes que le feu repasse au vert). Bref, voilà une chose qui marque dès l’arrivée à Bucharest. Avec évidemment la massive présence des voitures. 
Et voilà donc mes premières impressions sur Bucharest ! Une ville qu’il me reste encore à vraiment découvrir, puisque ces deux dernières semaines ont été occupées par les requêtes administratives, les rendez-vous pour trouver des associations pour travailler pendant le semestre, et mes recherches pour mon mémoire. 


A bientôt pour la suite !

Beaucoup de Parcs dans Bucharest. Nice. 
Se cultiver dans le métro !
Restaurant Caru’ cu Bere, dont on reparle bientôt.
Piata Victorei – Oui je suis nulle en panorama…

Happy Independence Day, Kosovo !

(Photos à la fin).

M. Chat très présent dans la capitale.

Grâce à mon master, j’ai eu la chance de me rendre en janvier dernier au Kosovo pour un voyage d’étude. Au programme: Prishtinë, Prishtina/ Priština (la capitale), Peja, Pejë/Peć et Mitrovica/Mitrovicë. Le but: comprendre la situation de ce pays, anciennement partie de l’ex-Yougoslavie, qui a connu la guerre et toutes ses atrocités. 


La situation actuelle, indépendance et conflit ethnique: 

Le Kosovo s’est auto-proclamé indépendant en 2008, mais n’a toujours pas accédé au statut d’Etat, car il n’est pas encore totalement reconnu. Par exemple, la Serbie (dont il faisait anciennement partie) refuse toujours de reconnaître le Kosovo (même si le dialogue diplomatique est engagé), ou encore l’Espagne (qui craint, en reconnaissant le Kosovo de voir la Catalogne se déclarer indépendante également). Voilà donc une situation politiquement compliquée

NEWBORN – symbole de l’indépendance du Kosovo (qui apparemment a de nouvelles couleurs aujourd’hui).



Cette situation politique a également une influence dans d’autres domaines. Par exemple, si vous cherchez « Kosovo » sur google maps, la frontière avec la Serbie est en pointillé. Jusque récemment, le Kosovo n’était même pas référencé. De même pour Facebook et tous les réseaux sociaux. Ce qui posait des problèmes en termes de référencement et de communication. 

La majorité de la population Kosovare est d’origine Albanaise, la principale minorité est Serbe, mais on trouve également d’autres minorités comme la minorité Rom, Égyptienne, Turque, par exemple. En raison du conflit ethnique qui les a opposé, le dialogue entre les Albanais et les Serbes est compliquée. D’ailleurs, ils sont Albanais/Serbes avant d’être Kosovars. Cette vision est difficilement comprise par nous autres européens. Mais la guerre s’est finie il n’y a qu’une quinzaine d’années, et les familles ont toutes été touchées par la guerre. Alors quand on se rend sur place, il faut adapter notre façon de penser à ce contexte. Il faut espérer que les jeunes générations arriveront à surmonter la différence ethnique pour construire ce pays. C’est d’ailleurs le travail de nombreuses ONG sur place, qui organisent des voyages – au Kosovo et en Europe, avec des jeunes des deux ethnies, afin de leur montrer qu’au final nous sommes tous des êtres humains. Egalement, des écoles commencent à accepter les deux ethnies en leur sein, et envisagent dans quelques années de les accueillir dans les mêmes buildings (les cursus serbes et albanais sont différenciés au Kosovo, notamment à cause de la langue d’enseignement). 

Pont à Mitrovica: ce pont est l’incarnation même de la séparation ethnique. Les Serbes vivent au Nord de la ville, et les Albanais au Sud. Ce pont ne peut se traverser qu’à pied en raison des barricades. La police et l’armée gardent ce pont. Un drame a aussi eu lieu sur pont, avec la mort d’un adolescent, qui a été montée « en épingle » par les médias, faisant renaître les tensions ethniques…

La vie au Kosovo, ressenti personnel: 
Le Kosovo est le pays le plus corrompu et le plus pauvre d’Europe. Le ton est donné. La communauté internationale est très présente, et partout dans les rues on peut croiser ces 4×4 avec les sigles UN (Nations Unies), EULEX (une mission de l’Union européenne), les soldats de la K-For (mission de l’OTAN), … Evidemment, la présence internationale présente gagne des salaires assez élevés (voire très élevés) ce qui fait augmenter les prix, sur la ville de Pristina notamment. 
Etant en famille d’accueil, j’ai également entendu parler du problème du coût de l’électricité. Un des secteurs les plus corrompus (d’après les rapports des Nations Unies), avec une entreprise détenant un monopole et ayant des méthodes apparemment pas très honnêtes pour relever les compteurs (faisant augmenter le prix des factures). Un foyer moyen, qui gagne environ 200€ par mois (salaire moyen Kosovar), peut payer jusqu’à 150€ d’électricité par mois (et cela en ne chauffant généralement qu’une seule chambre). Hallucinant
Aussi, quand vous êtes dans le centre ville de Pristina, il ne faut pas avoir peur des coupures d’eau, surtout la nuit (pas d’eau entre 22h et 6h – toute une organisation). Certains secteurs sont cependant mieux dotés, comme le quartier des ambassades (comme par hasard). 

Pour nous autres européens, c’est sur que la vision est différente. Vous pouvez manger au restaurant pour deux ou trois euros, et je peux vous assurer que l’assiette est bien remplie (vous trouverez des Hamburgers partout, serait-ce là pour attirer le personnel venant des Etats-Unis?). Comptez 50cts pour votre café. 2€ pour un paquet de cigarette. Je ne vous parle même pas du prix de l’alcool. Du coup, se rendre au Kosovo, c’est aussi voir à quel point la vie nocturne est active. Pubs, clubs, restaurants… La jeunesse Kosovo sort et sait faire la fête. Malheureusement, avec un taux de chômage d’environ 65-70%, c’est aussi pour oublier la situation… 


Alors je retiens quoi du Kosovo ? La générosité de ma famille d’accueil, que je remercie grandement. C’était vraiment bien de pouvoir discuter avec eux le soir autour d’une tasse de thé, pour vraiment mieux comprendre ce que c’était de vivre au Kosovo. 

Le fait que la situation évolue, et qu’il y a de l’espoir. Evidemment les choses ne se feront pas en quelques jours, il va falloir compter en dizaines d’années. Mais le travail des ONG là bas est encourageant. Peut être que les jeunes Kosovars qui naissent en ce moment seront ceux qui porteront le pays vers une paix installée. 

Alors aujourd’hui, je souhaite un « Happy independence Day » au Kosovo, pour un avenir plein d’espoir.


Quelques images… Pristina:


Rue Mère Teresa, qui était originaire du Kosovo.

Peja (aussi le nom de la bière locale): 

 Mitrovica:

Le monument en arrière plan symbolise l’union des Serbes et des Albanais (les deux pieds) dans le travail (symbole des mines sur le dessus). 

Voilà pour finir sur une bonne note, qui démontre du fait que la communauté internationale n’a pas une très bonne image au Kosovo (notamment car les fonctionnaires internationaux sont vus que comme des personnes venant dans le pays uniquement pour les hauts salaires qui y sont associés). 

Pour voir d’autres images, rendez vous sur le Flickr de Philipp Hamedl: http://www.flickr.com/photos/philipphamedl/sets/72157640102503205/